Digitale attitude

Facebook, Tinder et Uber versus Brexit

Les réseaux sociaux ont largement contribué à faire participer les plus jeunes au référendum britannique du 23 juin. Au point que le site d’enregistrement sur les listes électorales a sauté

En vue du référendum sur la sortie ou non de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (Brexit) le 23 juin prochain, des sociétés technologiques, à la demande du gouvernement britannique, ont mené des campagnes pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Leur participation pourrait bien être le facteur décisif pour obtenir une majorité de voix contre le Brexit.

Tinder, l’application de rencontres, a inséré des sondages entre les photos des usagers, leur demandant de swipe (glisser) à droite si une affirmation était juste, à gauche si elle était fausse. Ils étaient ensuite notés sur leur taux de réponses correctes et invités à cliquer sur le lien vers le site d’inscription aux votations.

Uber, quant à lui, a fait passer un message à ses passagers au sein de l’application: «Que pourriez-vous faire en attendant votre véhicule Uber pendant trois minutes? Pourquoi ne pas vous inscrire sur les listes électorales? Si vous ne votez pas, votre voix ne sera pas entendue.»

Vendredi dernier, enfin, Facebook a incité ses membres à participer à la votation en publiant un rappel sur le haut de leur fil d’actualité. Une opération qui a fait bondir le nombre d’inscriptions: Près de 186 000 personnes ont rempli leur formulaire d’enregistrement, soit plus du double des jours précédents.

D’après tous les sondages, les 18-34 ans seraient plus enclins à rester dans l’Europe. Les efforts combinés des sociétés technologiques, de l’association Bite the Ballot – qui mène des campagnes de sensibilisation pour inciter les moins de 25 ans à se rendre aux urnes – du gouvernement et des médias ont porté leurs fruits: ce dernier mois, plus de 1,65 million de personnes se sont inscrites sur les listes électorales.

Mais le jour même de la date butoir du 7 juin et suite à un débat télévisé entre les deux partis politiques, le site d’enregistrement s’est effondré sous le poids des connexions. Une prolongation de 48 heures a donc été accordée, au 9 juin à minuit. Sur les 242 000 demandes du premier jour, la moitié émanait de citoyens âgés de moins de 35 ans.

Les dés sont jetés. Reste à attendre le 23 juin, date du premier jour du Festival de Glastonbury, en pleine période de vacances des étudiants.

Publicité