Editorial

Les failles de la conscience écologique californienne

EDITORIAL.

Le Temps propose une opération spéciale en racontant, depuis San Francisco, les innovations à venir dans les domaines scientifiques, technologiques ou culturels. Nos seize journalistes, vidéastes, photographes et dessinateur parcourent la ville, la Silicon Valley et la Californie pour découvrir les nouvelles tendances au cœur de ce laboratoire mondial de l’innovation.

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Terrain propice à toutes sortes d’innovations, le Golden State n’a pas peur de se lancer des défis. Y compris écologiques. Ainsi, la ville de San Francisco s’approche à grands pas de l’objectif zéro déchet non recyclé qu’elle s’est fixé pour 2020, en affichant un taux record de récupération de 80% grâce notamment à la technologie de pointe.

L’Etat de Californie n’est pas en reste. Il a adopté il y a quelques semaines une loi ambitieuse qui l’engage à passer à des énergies 100% propres d’ici à 2045. Un pied de nez à l’administration de Donald Trump, qui carbure au charbon pleins gaz sans se soucier de l’effet de serre. Connue pour son image rebelle, la Californie se positionne désormais en conscience écologique des Etats-Unis, mais qui n’est pourtant pas exempte de tout reproche.

Une production agricole gourmande

Sur les terres californiennes, à côté de toutes les idées progressistes qui y prospèrent, poussent aussi les deux tiers des fruits, des légumes et des amandes du pays. Une agriculture un brin trop friande pour un climat semi-aride, qui pompe près de 80% des rares ressources en eau dont la Californie dispose. Et cela, pour une production destinée majoritairement à l’exportation.

L’exploitation d’or noir jette également une ombre sur le Golden State. Figurant parmi les plus gros producteurs pétroliers du pays, l’Etat a quelques scandales environnementaux à son actif, liés notamment à la pollution des nappes phréatiques et à l’extraction du gaz de schiste.

Trouver un équilibre

Si la Californie veut garder sa réputation «verte», le grand défi de ces prochaines années – qui n’est par ailleurs pas nouveau en soi – sera de trouver un équilibre entre ses profits économiques et ses écosystèmes fragilisés. Un vrai challenge, car il faudra louvoyer entre les intérêts des puissants lobbies pour tenir les ambitieuses promesses politiques.

Les tensions autour du Sommet mondial pour l’action climatique, qui s’est déroulé mi-septembre à San Francisco, illustrent bien les difficultés à venir. Alors que le gouverneur démocrate Jerry Brown – celui-là même qui a signé la loi sur les énergies sans carbone – présentait au monde entier la politique californienne respectueuse de l’environnement en exemple, des milliers de personnes manifestaient dans la rue contre certaines décisions de l’Etat favorables à l’industrie des hydrocarbures.

De toute évidence, le compromis entre l’économie et l’écologie ne sera pas simple à trouver. Le génie innovateur des start-up californiennes saura-t-il apporter une solution miracle?

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