Les Suisses viennent soudain de se rendre compte de l’extrême pauvreté, souvent invisible, qui règne dans notre pays. Invisible la plupart du temps, mais réelle au quotidien pour une frange croissante de la population. Les images, que chacune et chacun a vues, de ces longues files d’attente pour une aide plus humanitaire qu’alimentaire sont une honte pour le pays le plus riche du monde. Seul avantage de cette situation dramatique: on ne pourra plus cacher sous le tapis les conditions iniques d’existence de celles et ceux qui se retrouvent au bord du chemin et ne bénéficient pas des fruits d’une prospérité à laquelle ils et elles participent pourtant pleinement.

Cynisme ou aveuglement?

Rien de nouveau me direz-vous. Juste une visibilité un peu plus grande d’une situation malheureusement sans surprise pour les professionnels de l’action sociale qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme depuis des années. Nous aimons volontiers bomber le torse et vanter urbi et orbi l’opulence de notre pays. Nous sommes en revanche bien moins fiers des mécanismes d’exclusion et des situations de précarité qui accompagnent notre insolente réussite. C’est un fait: les inégalités se creusent!