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Sans doute faudra-t-il, pour des dizaines de milliers de civils syriens, passer encore par d’ultimes bains de sang.
© ABDALRHMAN ISMAIL / Reuters

Editorial

Faire régner l’ordre sur les ruines d’Alep

La chute de l’enclave rebelle sera un tournant décisif de la guerre. Mais elle n’y mettra pas fin

Il ne reste plus qu’à négocier la reddition. Mais les suppliciés d’Alep-Est manquent à ce point de soutiens internationaux que même cette capitulation ne leur est pas acquise, tant qu’elle s’accompagnera de leur part de la moindre condition. Sans doute faudra-t-il, pour ces dizaines de milliers de civils syriens, passer encore par d’ultimes bains de sang.

Lire notre chronique: La Syrie de Vladimir Poutine

L’abominable mise au pas de l’enclave rebelle d’Alep constitue une formidable déception pour ceux qui plaçaient quelque espérance en la diplomatie et, au-delà, en un sursaut de l’humanité. Contrairement à ce qu’affirment, déjà, ceux qui sont en train de réécrire l’histoire en direct, cette bataille ne met pas fin à la guerre de Syrie, et encore moins aux menaces terroristes globales. Au contraire: ces dernières atrocités ne font que s’ajouter à la longue liste des précédentes, et finissent de rendre impossible la conclusion réelle du conflit.

Certes, Alep ne sera plus jamais pareille, au même titre que Grozny, rasée par l’armée russe, n’est plus, trois lustres plus tard, qu’un décor en papier mâché. Mais un tel dénouement ne convaincra pas de rentrer chez eux les millions de réfugiés syriens qui, pour une écrasante majorité, ont fui les bombes et les exactions du régime. De même, la victoire militaire sur les ruines d’Alep ne séduira pas tous ceux qui, dans les zones rebelles comme à l’étranger, ont commencé à goûter à une forme d’organisation totalement inconcevable sous la férule de Damas. Un retour en arrière, pour eux, est simplement impossible.

Lire aussi: «La Suisse doit ramener la paix à Alep»

A oublier, donc, cet autre mirage selon lequel la reconquête d’Alep, certes brutale, serait un moyen de ramener le conflit à ses frontières syriennes. Après Alep, non seulement le phénomène des «migrants» syriens sera là pour durer, mais la fureur, la radicalisation, y compris islamiste, et les velléités de représailles ne feront que croître là où se concentreront immanquablement les opposants.

Lire également: Une reprise du dialogue demandée en Syrie

Un Bachar el-Assad, même ragaillardi par l’écrasement d’Alep ne pourra pas faire face à pareille situation à la tête de son armée syrienne exsangue. Déjà, prévoyant le coup d’après, la Russie a envoyé de gros bras tchétchènes en Syrie pour faire régner l’ordre parmi les ruines. Ils s’ajouteront aux milices iraniennes, libanaises ou afghanes. N’en déplaise à ceux qui veulent réécrire l’histoire, ce semblant de paix retrouvée n’aurait de syrien que le nom.

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