Les drames en Méditerranée sont au centre des préoccupations de la presse dominicale. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelle dans plusieurs interviews ce que la Suisse a déjà fait et ce qu’elle peut faire de plus. «Début mars, le Conseil fédéral a décidé d’augmenter à 80 millions de francs l’aide sur place. Et il a décidé d’accepter 3000 réfugiés syriens supplémentaires. Nous sommes aussi prêts à apporter une contribution supplémentaire en personnel et en moyens financiers dans le cadre de l’espace Schengen», énumère-t-elle, non sans souligner que l’UE n’a encore adressé aucune requête à la Suisse.

Celle-ci peut-elle faire davantage pour venir en aide aux victimes de la Méditerranée et des passeurs peu scrupuleux qui font embarquer les réfugiés par centaines sur des bateaux sous-dimensionnés ? Plusieurs parlementaires en sont convaincus et le font savoir au Matin Dimanche .

Emboitant le pas de son président Christian Levrat, qui a lancé un appel dans ce sens lors de l’assemblée des délégués du parti samedi à Berne, la conseillère nationale socialiste vaudoise Cesla Amarelle estime que la Suisse peut accueillir «entre 10 000 et 15 000 réfugiés». Le président du PDC, Christophe Darbellay, a également abordé le sujet lors de l’assemblée de son parti à Brugg.

Les délégués démocrates-chrétiens ont fait une minute de silence en hommage aux victimes. «Le PDC s’est battu pour l’augmentation de l’aide au développement. C’est le seul moyen d’offrir à ceux qui choisissent l’exil des perspectives dans leur pays», a-t-il déclaré.

Dans les ambassades

L’hebdomadaire romand cite aussi les conseillers nationaux Hans Grunder (PBD) et Jean-René Fournier (PDC), qui, tous deux, considèrent que les frontières nationales peuvent être plus largement ouvertes aux victimes de l’exode. Le rétablissement des demandes d’asile dans les ambassades est souvent souhaité. Schweiz am Sonntag relève que même le PLR et l’UDC seraient favorables à cette solution, qu’ils ont pourtant combattue précédemment. Ce serait un moyen d’éviter que les exilés tombent dans les mains de passeurs cupides.

La SonntagsZeitung évoque un projet dont des experts ont discuté la semaine dernière : la création d’un centre de compétences et d’analyse sur l’immigration clandestine. Ce projet, qui pourrait voir le jour d’ici à 2017, fait l’objet de discussions entre la Confédération, les cantons et le corps des gardes-frontière, souligne l’hebdomadaire alémanique.

L’objectif est de faire face à une croissance de la demande migratoire en raison de la situation dramatique en Méditerranée et des difficultés de l’Union européenne de la maîtriser. La commission de politique extérieure devrait aborder ces questions lors de sa réunion de lundi et mardi.

A propos des relations avec l’Union européenne, la NZZ am Sonntag signale un nouveau blocage dans le dossier de l’électricité. Alors que l’admission provisoire de la Suisse dans le marché européen semblait se profiler pour le 1er juillet 2015, une réunion de différents fonctionnaires européens aurait douché cet espoir. Selon le journal zurichois, ces hauts fonctionnaires auraient estimé qu’il n’y a aucune raison d’accorder un traitement spécial au dossier de l’électricité tant que les questions portant sur la libre circulation et les institutions n’ont pas été réglées.

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