Un appel pour la paix dans le monde. Qui aurait parié un centime sur une telle initiative? Et pourtant, l’appel pour un cessez-le-feu global afin de mieux lutter contre la pandémie du Covid-19, lancé par Antonio Guterres le 23 mars dernier, a un écho inattendu sur de nombreux théâtres de conflit, de la Colombie aux Philippines, en passant par le Yémen.

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Le secrétaire général des Nations unies a mille fois raison quand il affirme que «la furie du virus montre la folie de la guerre». Plus de 2 millions de personnes – qui dit mieux? – ont déjà appuyé le patron de l’ONU via une pétition. La crise actuelle ébranle la planète comme jamais depuis la Seconde Guerre mondiale. L’ONU et les institutions internationales créées après 1945 jouent leur raison d’être.

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Pour l’instant, la réponse globale à la pandémie a été caractérisée par le chacun pour soi, la ruée sur le matériel médical – quitte à mettre la main sur des livraisons destinées à d’autres Etats –, la fermeture en catastrophe des frontières et le rejet de ses responsabilités quant à la progression du coronavirus à l’intérieur du réduit national.

Le comportement des Etats-Unis, la première puissance mondiale vers qui le monde était habitué à se tourner en cas de péril global, est emblématique. Le président Donald Trump évoque un «virus chinois» et, pour faire oublier ses manquements, accuse l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’avoir minimisé la situation en Chine en couvrant Pékin.

Washington n’a, pour l’instant, que suspendu son financement à l’OMS, le temps de se pencher sur le biais supposé de l’institution en faveur de la Chine. L’avenir dira si cet audit aboutira au retrait des Etats-Unis de l’institution genevoise ou à leur réengagement au sein de celle-ci.

Ailleurs non plus, la politique du hérisson n’a pas définitivement triomphé. L’Union européenne s’est ressaisie et tente de coordonner le déconfinement sur le continent. La semaine dernière, le G20 s’est entendu sur un moratoire du service de la dette des pays pauvres, premier pas vers une renégociation des créances.

Face à l’ampleur de ces défis, l’appel à un cessez-le-feu global paraît modeste, le plus petit dénominateur commun entre les grandes puissances. L’appel doit maintenant être endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU, jusqu’à présent pathétiquement muet sur la pandémie. Deux millions de citoyens du monde regardent.