Revue de presse

Le fantôme de Lady Di revient hanter les tabloïds britanniques

En officialisant il y a quelques jours son idylle avec Meghan Markle, le prince Harry a surtout tenu à mettre les choses au clair avec les médias qui le pourchassent. Il refuse d’être leur victime comme l’a été sa mère et défend la vie privée de son amie

«Ils s’étaient promis de ne plus recommencer, écrit Gala. Les paparazzi avaient juré d’épargner William et Harry.» Et «durant leur enfance et leur adoles­cence, les deux frères ont effec­ti­ve­ment été rela­ti­ve­ment épar­gnés des objec­tifs indis­crets qu’il jugent respon­sables de la mort de leur mère». Mais près de vingt après, «les belles promesses semblent s’être évapo­rées».

Le prince Henry de Galles (Henry Charles Albert David), plus couramment appelé prince Harry et aujourd’hui âgé de 32 ans, a officialisé mardi 8 novembre le nom de sa nouvelle petite amie, Meghan Markle. Mais ce n’est pas là le plus intéressant. Non, ce qui est inhabituel, c’est que le fils du prince Charles et de Lady Diana l’ait fait via un long communiqué de presse de la monarchie britannique qui dénonce «les abus» et «le harcèlement» dont l’actrice américaine est victime:

Kensington, qui gère la communication du prince, y écrit que «le prince Harry est inquiet pour la sécurité de Mlle Markle et est profondément déçu de ne pas avoir été en mesure de la protéger. Il n’est pas normal que Mlle Markle soit sujette à une telle tempête [médiatique] après quelques mois de relation.» Or, normalement, le palais ne fait pas de commentaires sur la vie privée de la famille royale. Mais Harry a demandé «que ce communiqué soit publié dans l’espoir que la presse fasse une pause et réfléchisse avant de faire d’autres dégâts».

Pendant ce temps, tout le monde est ravi de l’idylle, bien sûr, à commencer par la future reine d’Angleterre, suggère le Daily Mail, qui reprend cette info capitale du Woman’s Day… néo-zélandais. C’est dire le circuit médiatique, celui «des dégâts» auxquels le prince fait allusion. Car au fond, c’est plutôt raté, tout cela. Loin de faire retomber la fièvre, le caractère inhabituel du communiqué, précisément, a encouragé les bookmakers et les journalistes de la presse people à spéculer sur un possible mariage. «Cela suggère vraiment que c’est la bonne», a réagi Jessica Bridge de la maison Ladbrokes – voir comment cela se passe dans ce genre de cas avec elle dans la vidéo ci-dessous:

Voilà donc qui marque un nouvel épisode bien intéressant dans les relations houleuses entre la presse britannique et les Royals, plusieurs décennies après la folie vécue autour de lady Diana, décédée en 1997 à l’âge de 36 ans dans un accident de voiture à Paris alors qu’elle était suivie par des paparazzis – William et Harry étaient respectivement âgés de 15 et 12 ans:

Le fameux communiqué dénonce notamment «le dénigrement en Une d’un quotidien national», «le sexisme et le racisme des médias sociaux» (Miss Markle est métisse), «les combats juridiques pour empêcher la publication d’histoires diffamatoires» et les tentatives d’intrusions illégales de journalistes ou photographes au domicile de l’actrice. Certes, le prince «sait que les commentateurs vont dire que c’est «le prix qu’elle doit payer» ou que «ça fait partie du jeu». Ce n’est pas un jeu, répond-il, c’est sa vie.»

Alors, «les pots-de-vin propo­sés à l’ex-petit ami de l’ac­trice pour qu’il parle», c’en est trop. Et la Une à laquelle il est fait allusion est celle du Sun du 4 novembre dernier, où le tabloïd soutenait que des images d’une série TV dans laquelle joue Meghan Markle avaient été diffusées sur le site Pornhub. Sous-entendu: quelques scènes salaces, alors qu’il ne s’agissait que de simples historiettes d’amour. Le tabloïd a évidemment d’abord tout retiré de son site web, puis ensuite démenti l’ensemble de ses «informations», comme à son habitude:

La jeune femme, qui vit au Canada, se présente sur son compte Twitter officiel comme une «actrice, activiste, lady, gourmet, voyageuse de ce monde magnifique» et créatrice de TheTig.com, un site internet réunissant des articles sur l’art de vivre, la mode et les voyages. Profil tellement propret que Harry est «manifestement inquiet de revivre aujourd’hui le genre de choses qui sont arrivées à sa mère», a commenté au micro de la BBC l’ancienne conseillère presse de la reine Elizabeth II, Dickie Arbiter.

Pas d’interdiction, et tout est permis

Le prince n’a «jamais été à l’aise» avec la curiosité qui l’entoure «mais a essayé de se blinder face à l’intérêt des médias», dont le Sunday Express, selon lequel Meghan Markle aurait rencontré le prince en mai dernier. Et le sujet semble si intéressant que US Weekly n’a pas hésité à republier une interview sans le moindre intérêt donnée par l’actrice au magazine Esquire en 2013, intitulée «How to impress me»Les arguments de cette presse étant toujours les mêmes: tant qu’il n’y a pas de communiqué officiel demandant aux médias de se taire, tout est permis.

La donne a changé, et depuis, ils se sont «calmés», constate «l’autre» presse, celle dite «sérieuse». La Première de RTS en a parlé ce matin vers 5h40, comme de médias qui «se sont jetés sur cette histoire comme une meute de chiens en quête d’un os», sur un ton «empreint de forts sous-entendus raciaux». Meghan serait «forcément une descendante d’esclaves», etc. «Le déballage» allant trop loin, le prince «a réagi de façon quasi viscérale», et plutôt que de se livrer à «un réquisitoire» contreproductif contre les médias, il aurait peut-être été plus utile de choisir de «faire le dos rond en publiant par exemple une photo de leur couple heureux». Mais il a préféré «se battre pour une cause perdue d’avance»…

Une simple famille à petits problèmes

RTL France relève pour sa part que Samantha Grant, sa demi-sœur, a brossé «un portrait peu glorieux de Meghan Markle dans un entretien donné au Sun». «C’est une arriviste superficielle, narcissique et égoïste, dit-elle. Elle ne m’a pas parlé depuis 2008, lorsqu’on m’a diagnostiqué ma sclérose en plaques […] La vérité tuerait sa relation avec le prince Harry, il ne voudrait plus sortir avec elle en raison du mauvais jour sous lequel elle serait exposée au public.» Arrive ensuite leur demi-frère, pour réagir aux propos de ladite Samantha, dans le Daily Mail cette fois, où il ne cache pas sa gêne.

Mais trêve de potins. Le Guardian – dont Kensington s’est félicité qu’il ose dire les choses franchement – précise, lui, que le prince dit n’avoir jamais été victime auparavant d’un tel «degré de pression, d’indiscrétion et de harcèlement». Il explique aussi que Kensington aurait été particulièrement choqué par un article du Mail on Sunday, qui n’a rien trouvé de plus intéressant à écrire que «si le couple avait des enfants, les Windsor verraient leur sang bleu s’épaissir et les Spencer leur teint devenir moins pâle en s’enrichissant de cet ADN exotique»…

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