Cet été, «Le Temps» a confié ses espaces dévolus aux opinions à six personnalités, chacune sur un thème et une semaine. Après l’avocat et chasseur de criminels de guerre Alain Werner (retrouvez toutes les tribunes sur la justice internationale ici), c’est au tour de Gisou van der Goot, professeure et vice-présidente de l’EPFL, de faire écrire ses invités, sur la science, le climat, mais pas seulement.

Découvrez les tribunes de la semaine de Gisou van der Goot

Le 29 juin 1970, l’alpiniste et explorateur de l’extrême Reinhold Messner se trouve dans l’Himalaya et s’apprête à vivre l’une des expériences les plus étranges de sa vie. Descendant du sommet du Nanga Parbat avec son frère, gelé, épuisé et en manque d’oxygène, il a «soudain le sentiment qu’il y avait un troisième alpiniste avec nous, […] un peu à ma droite, quelques pas derrière moi, juste en dehors de mon champ de vision».

Messner était «certain qu’il y avait quelqu’un là» et ressentait sa «présence». Des récits similaires ont été rapportés par de nombreux alpinistes, explorateurs et survivants, ainsi que par des personnes devenues veuves et par des patients souffrant de troubles neurologiques. Ils décrivent généralement la présence d’un autre être que l’on ressent, mais que l’on ne voit ni n’entend. S’apparentant à un ange gardien ou à un démon, ces expériences sont souvent bouleversantes et indescriptibles. Bien que de nombreuses théories aient été proposées sur la nature des présences ressenties, ainsi que sur leur signification et leur pertinence culturelle, aucune n’a été largement acceptée. Cela est probablement dû au fait que ces présences sont rares, hautement imprévisibles et qu’elles se produisent loin de tout centre de recherche. Nous avons récemment pris les premières mesures en laboratoire pour élucider l’origine de ces expériences fantomatiques en les recréant et en mesurant leurs mécanismes cérébraux.