C’était le 14 février 1989. La révolution iranienne avait dix ans. La religion, «sécularisée» ou cachée sous les jupes de la laïcité du mouvement moderne, avait refait son apparition comme instrument de contrôle politique.

Ce jour-là, l’ayatollah Khomeiny déclarait une fatwa contre l’écrivain britannique Salman Rushdie: «Au nom de Dieu tout-puissant […] Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé Les Versets sataniques, qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’islam, au prophète et au Coran, aussi bien que tous ceux qui, impliqués dans sa publication, ont connaissance de son contenu ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu’ils les trouvent, afin que personne n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions…»