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Plus que le rejet attendu de l’initiative Ecopop, c’est la netteté du score qui se dessine qui sera la surprise de ce dimanche de votation. Avec moins de 30% de oui dans le canton-test d’Argovie, l’initiative Ecopop «Halte à la surpopulation» est très en recul. L’UDC y avait récolté en février 55% de oui «Contre l’immigration de masse». On s’attend à un rejet de la part de trois quarts des Suisses.

Plusieurs raisons à cela. D’abord, malgré les mots d’ordre contraires de quelques sections cantonales de l’UDC, Ecopop ne bénéficiait d’aucun soutien à l’échelon national. Les dirigeants de l’UDC, comme Christoph Blocher ou Toni Brunner, s’étaient engagés contre l’initiative, estimant que la priorité devait aller à la mise en œuvre de leur propre texte constitutionnel adopté le 9 février.

Ecopop, qui a provoqué ces dernières semaines une grande inquiétude et une forte mobilisation des partis traditionnels et des pouvoirs politiques, n’a bénéficié d’aucun renfort du côté des Verts et des organisations écologistes. Très vite il est apparu que l’initiative, même si elle est parvenue à thématiser le thème de l’empreinte écologique de chaque individu, ne présentait aucune solution aux problèmes de surconsommation et d’atteinte à l’environnement.

La présence d’anciens proches de James Schwarzenbach ou de militants UDC connus pour leurs déclarations hostiles aux étrangers aux côtés des professeurs et autres scientifiques piliers d’Ecopop a renforcé le sentiment que la question environnementale n’était qu’un prétexte. L’immigration européenne a ainsi servi de bouc émissaire au malaise des Suisses devant une croissance économique et démographique mal maîtrisée.

Le Conseil fédéral et le parlement ne peuvent pour autant pas se considérer comme sortis d’affaire. D’une part il reste à appliquer l’article constitutionnel «Contre l’immigration de masse» en tenant compte de la volonté populaire. Comment concilier celle-ci avec le maintien des relations bilatérales avec l’UE?

Mais surtout, le débat a permis de poser la question de la croissance en Suisse. Il n’est plus seulement question d’aménagement du territoire ou de qualité de la croissance, mais bien des limites de celle-ci.

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