Berne et Bruxelles se reparlent. Après le refus de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de prendre un appel téléphonique de Guy Parmelin au moment de l’abandon de l’accord-cadre par le Conseil fédéral le 26 mai dernier, la visite d’Ignazio Cassis à Bruxelles est une bonne nouvelle. Le patron des Affaires étrangères y a rencontré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, et le commissaire au Budget, Johannes Hahn. Deux ténors de la Commission, mais sans grande responsabilité politique dans le dossier suisse, où il n’y a qu’une cheffe: Ursula von der Leyen.

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En ce mois de juillet 2021, la Suisse et l’UE ressemblent à un couple qui se sépare à la suite d’une violente dispute, sans pourtant s’être posé la question de l’avenir de ses enfants. Sous le coup de l’émotion, les deux partenaires ont bandé leurs muscles, le Conseil fédéral en déchirant définitivement le projet d’accord, et la Commission en sacrifiant – pour l’instant du moins – la place scientifique helvétique sur l’autel de son prochain programme de recherche.

Respect mutuel

Il est grand temps de décréter l’arrêt de ces hostilités, car les deux parties ont intérêt à renouer une relation basée sur le respect mutuel. La Suisse car elle est, selon la Fondation Bertelsmann, le pays qui profitait le plus du marché intérieur! Et l’UE aussi, car elle affiche une balance commerciale largement favorable avec la Suisse.

Aujourd’hui, la balle est dans le camp helvétique. Le Conseil fédéral doit définir ce qu’il entend par «dialogue politique structuré». S’il souhaite un sommet bilatéral annuel, il devra y venir avec des propositions concrètes. Il n’est pas exclu que Bruxelles consente à un tel sommet, qui serait une première pour elle avec un Etat tiers, mais à la condition qu’il débouche, par exemple, sur une déclaration conjointe dans laquelle les parties s’engageraient sur une feuille de route aiguillant la relation bilatérale dans un nouveau cadre qui inclut une Cour internationale réglant les litiges.

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Ce chemin vers une relation apaisée sera long et semé d’embûches. Il implique pour le Conseil fédéral de sortir du discours tenu ces deux derniers mois dans lequel il a accusé l’UE de manquer de flexibilité, alors que c’est plutôt le contraire qui est vrai. A Ignazio Cassis, qui sera président de la Confédération l’an prochain, de trouver le ton juste envers Bruxelles.