Les sociétés occidentales sont en proie à une dépression alimentée par une peur et un alarmisme dans lesquels se mêlent craintes du déclassement personnel et du déclin national, apocalypse environnementale, submergement ethnique et religieux. Elles sont parallèlement sommées – par les adeptes du politiquement correct, d’une police de la pensée castratrice et d’une victimisation revendicatrice – d’abolir les injustices et les inégalités, d’expier et de réparer les fautes commises dans leur histoire. Un état d’excitation, d’indignation, d’accusation et de culpabilisation permanent est entretenu par tous les pourfendeurs du (néo)libéralisme, les redresseurs de torts et les hérauts de la bonne conscience. Internet et réseaux sociaux contribuent à la dégradation des échanges en véhiculant les haines, les anathèmes, les préjugés, les fake news. Les talk-shows les prolongent au cours de discussions tournant en boucle autour de slogans et d’idées simples que des adversaires qui ne s’écoutent pas se jettent à la tête.

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