Alors que la lutte mondiale pour endiguer le Covid-19 se poursuit et qu’une fatigue due à la pandémie s’installe, certains plaident en faveur d’une stratégie «d’immunité collective» naturelle, à laquelle, selon eux, on peut parvenir en toute sécurité grâce à une «protection ciblée». Ce concept implique la réouverture complète des sociétés, tout en «protégeant» les personnes âgées et les personnes présentant des comorbidités, afin de parvenir à cette immunité collective en l’absence d’un vaccin dans les six prochains mois. Cela semble si simple, pourtant les faits nous indiquent le contraire.

Premièrement, on parvient à une immunité collective en protégeant les populations contre un virus grâce à l’administration d’un vaccin, et non en les exposant au virus. Par exemple, l’immunité collective contre la rougeole exige qu’environ 95% de la population soient vaccinés. Une fois immunisés contre la rougeole, ils servent de bouclier protecteur empêchant le virus de circuler et d’infecter les 5% restants de la population qui ne sont pas vaccinés.