Peut-être un jour l’histoire classera-t-elle dans un même registre les multinationales contemporaines, les Glencore, Syngenta ou les traders du coton, accusés de tirer profit de l’ignorance des droits humains ou des normes environnementales, à côté des commerçants-banquiers suisses qui, au XVIIIe siècle, ont été impliqués dans la vente d’esclaves à travers le commerce triangulaire. «Zellweger dans les Rhodes-Extérieures, Zollikofer et Rietmann à Saint-Gall, Leu et Hottinger à Zurich, Merian et Burckhardt à Bâle, de Pury et Pourtalès à Neuchâtel, Picot-Fazy et Pictet à Genève», selon le résumé qu’en faisait l’historien et cabarettiste appenzellois Hans Fässler dans Une Suisse esclavagiste paru en 2007.