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Roger Federer à Miami, avril 2017.
© Al Bello

charivari

Federer, la leçon de vie

Roger est un dieu du tennis. Mais notre chroniqueuse l'apprécie surtout pour sa nouvelle approche, détendue et souriante, de son art. Et si réussir ne rimait pas avec souffrir? Une révolution, non?

J’adore Federer. Je sais, je ne suis pas vraiment la seule. Mais, contrairement à la grande majorité des gens, cet engouement est récent. J’aime le nouveau Federer. Celui qui a su s’arrêter pour se refaire une santé, puis revenir avec un seul et unique objectif: prendre son pied. Bien sûr, comme l'ancien, le Roger 2.0 ne déteste pas gagner, mais sa motivation désormais, il le dit et le répète, est de jouer libre, léger. Et que se passe-t-il? A 35 ans, le mythique sportif helvétique présente à nouveau son meilleur tennis. Autrement dit, on peut réussir sans souffrir. Je dirais même plus: on réussit mieux quand on est heureux.

Evidemment, pensez-vous. Evidemment non, je vous réponds. Regardez autour de vous. Dans notre société d’influence judéo-chrétienne, travailler sans peiner est suspect. Si on ne gagne pas une récompense à la sueur de son front, on ne l’a pas vraiment gagnée. La mesure de la réussite ou du travail bien fait ne dépend pas seulement du résultat, mais des difficultés dépassées pour obtenir ce résultat. Le mérite. Ce mot a fait et fait encore tant de dégâts!

Je ne suis pas Federer. Mais comme le tennisman nouvelle manière, j’ai toujours clamé que labeur ne rimait pas avec douleur. Qu’on pouvait atteindre l’efficacité et la qualité sans stresser, pester, soupirer, bref, avec une certaine détente et légèreté. Pareil pour l’éducation. Ce n’est pas parce qu’on se sacrifie en le montrant obstinément à ses enfants qu’on sera de bons parents. Tout cela paraît évident? Pourtant, la confusion sévit encore. Et très fort. Je ne compte pas le nombre de voix qui m’ont dit en toute bonne foi: «Toi, tu ne travailles pas. Tu aimes ton boulot, ça ne compte pas!». «Tes enfants? Tu as eu de la chance qu’ils soient cool, sinon avec ton éducation olé,olé, tu aurais morflé». La joie, cet élément si perturbant...

Un dernier exemple? L’allemand. Je viens de rencontrer un professeur lausannois qui, depuis dix ans, écrit et monte des pièces avec des gymnasiens. C’est prouvé: apprendre des textes et des chansons par coeur permet de mieux progresser. Question d’immersion et de... plaisir. Le jeu est un si bon carburant! Pourtant, là aussi, les méthodes classiques persistent à être besogneuses et on arrive à ce triste constat que l’école est le seul endroit au monde où les enfants n’arrivent pas à apprendre une langue! Federer est un génie du tennis? Je le remercie surtout pour sa (récente) leçon de vie.


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