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Le tour d'honneur parmi les fans, ce lundi à Melbourne: une popularité qui dépasse l'entendement.
© Quinn Rooney/Getty Images

Revue de presse

Federer, ce petit chenapan derrière le demi-dieu

Les médias internationaux sont «babas» devant l’exploit du Bâlois à Melbourne, son fair-play, sa complicité avec Nadal. Et surtout: son humanité toujours fraîche, son rayonnement de bonheur presque enfantin

«Comeback complete», lit-on en tête de son site internet. Empruntés, quelques médias, à force d’être à court de superlatifs, ont choisi la formule simple. «Le jour où Federer est redevenu «Roger»»: voilà comment Libération, par exemple, résume l'évidence: «Si les autres doutaient qu’il puisse un jour de nouveau tutoyer les sommets – trop vieux, trop lent, plus assez puissant – lui était persuadé que son tennis était toujours là et, qu’à force de travail, il y aurait un jour, prochain, où cela passerait de nouveau.»

Lire aussi: Roger Federer, le plus beau des combats

Mais y en a-t-il d’autres, comme lui? «Le plus beau, écrit encore Libé, c’est qu’après avoir assisté à un nouveau Roger-Rafa d’une qualité aussi exceptionnelle puis avoir été autant ému par le triomphe d’un «Maître» apparu tout au long de sa campagne australienne plus frais et motivé qu’un jeune homme, on se prend, forcément, à en vouloir d’autres du même moule.» De ces demi-dieux qui savent aussi incarner un gamin si touchant lorsqu’il se rend compte que «c’est fait», après un challenge auquel le toro de Manacor ne semblait guère croire:

Faute? s’interrogeait Nadal. «Non, dans le court, répondait la vidéo. Roger Federer sautillait sur place, raconte Paris Match, les larmes aux yeux, saluait avec sobriété son adversaire, puis restait un temps prostré sur sa chaise, les yeux embués de larmes. Il venait de réussir l’impossible: conquérir à 35 ans son 18e titre du Grand Chelem et son cinquième Open d’Australie.»

«L’histoire ne pouvait pas être plus belle» pour L’Equipe, qui a bien vu aussi que «genou à terre, bras levés, regard extatique, Roger Federer est à nouveau sur le toit du monde. Peut-être qu’il ne se souvenait plus lui-même de ces sensations à haute altitude, et de ces discours de sponsors qui viennent aussitôt couper l’émotion. Après les pleurs, l’anglais robotisé et phonétique d’un des bienfaiteurs le fait sourire en coin, comme un petit chenapan qui se cacherait derrière le monstre ­sacré». Le quotidien sportif français en publie comme tant d’autres cette photographie d’anthologie:

«La bonne nouvelle, dit le Guardian, c’est que Roger Federer, 36 ans en août et Rafael Nadal, 31 en juin, après avoir terminé cette finale de Melbourne – qui restera comme une des meilleures dans les mémoires – se sont montrés en pleine forme et prêts à continuer tant que leurs jambes et leur esprit indomptable les portera: le Suisse vainqueur et l’Espagnol perdant ont l’air encore aussi ambitieux que durant toute leur longue carrière.»

Ce serait presque oublier, après cette rencontre historique, que le Bâlois n’est pas seul, qu’on peut aussi remporter 23 tournois en Grand Chelem quand on s’appelle Serena Williams. Sport un brin machiste, le tennis est comme il est, mais il a des héros d'«une longévité quasiment inégalée», rappelle Slate: «Non, nous ne sommes pas en 2004, mais bien en 2017.»

Ces deux-là peuvent faire encore mieux quand on les compare à leurs prédécesseurs – toujours ces statistiques que l’on adore avec la petite balle jaune. Ken Rosewall chez les hommes, Martina Navratilova chez les dames: pour les battre, en longévité, donc, il ne leur reste plus, à Federer, «d’être encore capable de s’imposer en simple en Grand Chelem en 2022, et à Serena Williams (...) de continuer jusqu’en 2030…»

«La partie du siècle, la mère de toutes les finales», lit-on encore dans le quotidien sportif espagnol As, si enthousiaste qu’il se montre à peine déçu de la défaite de son héros majorquin, pourtant «spécialiste des missions impossibles»: «Federer a gagné. Mais Nadal n’a pas perdu. Leur légende, ils la développent et la font grandir ensemble.» Même avis pour Marca, qui relaie le tweet du roi d’Espagne, selon lequel «personne n’a perdu». «Immense Rafa Nadal! Le sport espagnol ne sera jamais assez reconnaissant», écrit-il:

Comme «Pelé, Carl Lewis ou Michael Phelps, Federer entre au panthéon des légendes», estime pour sa part la Gazzetta dello sport, alors que pour l’allemand Kicker, «la boucle est bouclée». Largement de quoi justifier sa place en «une» du Financial Times. Et de l’intégralité de la presse suisse, évidemment, tenant dans ses bras le saladier australien comme un modeste cadeau du ciel, mais oubliant que c’est lui, le don du ciel.

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