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désormais, les fonctionnaires de l’administration canadienne qui interagissent avec le public sont priés d’éviter, lors d’un premier contact, d’employer les mots «Monsieur» ou «Madame». 
© Sefgrt/Pixabay.com

Du bout du lac

Féminisme, progressisme et erreur 404

OPINION. Désormais, les fonctionnaires de l’administration canadienne qui interagissent avec le public sont priés d’éviter, lors d’un premier contact, d’employer tout de go les mots «Monsieur» ou «Madame». Vertige abyssal de notre chroniqueur

J’étais sur le point de vous raconter mon fou rire de la semaine. Survenu à la découverte d’une galerie de portraits de candidats au Grand Conseil genevois posant chacun, et tous partis confondus, avec leur animal de compagnie. Ceci pour être adoubés par le Mouvement de défense des propriétaires de chiens. Du labrador patricien au chat de gouttière socialiste, difficile de reprendre ma respiration devant la démonstration grand-guignolesque qu’Henri IV avait raison: Paris vaut bien une laisse.

Mais l’actualité canadienne m’a fait changer de sujet. Cas de force majeure. Vous l’avez vu comme moi, puisque vous lisez les journaux: désormais, les fonctionnaires de l’administration canadienne qui interagissent avec le public sont priés d’éviter, lors d’un premier contact, d’employer tout de go les mots «Monsieur» ou «Madame». Pourquoi abandonner la politesse? Parce que celle-ci peut s’avérer irrespectueuse ou, pire, stigmatisante, explique en substance un document officiel:

Je vous explique. Dans l’esprit de l’administration Trudeau, dire «Bonjour Monsieur» à un monsieur risque d’être mal vécu si ledit monsieur ne se sent pas tout à fait monsieur. A Bernard Dupont, par exemple, on dira donc: «Bonjour Bernard Dupont, puis-je vous appeler Monsieur? Oui? Alors bonjour Monsieur.»

S’il m’a semblé incontournable de vous raconter cette histoire, c’est que m’est apparue la possibilité d’une rencontre du troisième type (sans jeu de mots). Celle du progressisme de l’administration canadienne et de celui de Laliste, la liste 100% femmes et hors partis constituée pour l’élection au parlement genevois. Considérant de toute évidence qu’une femme est une femme avant d’être autre chose (par exemple un être politique), Laliste imagine faire avancer la cause dans un grand élan essentialisant. Grand bien lui fasse.

Imaginons Robert sur Laliste…

Imaginons maintenant qu’un fonctionnaire canadien, suffisamment imprégné de sa nouvelle directive, traverse l’Atlantique pour se présenter au parlement genevois. Appelons-le Robert et dotons-le d’une grosse barbe et d’une chemise à carreaux, pour éviter les clichés. Au nom du progrès et de la lutte contre les discriminations, Robert pourra prendre contact avec Laliste et faire valoir son droit légitime d’y figurer. Après tout, comment ses colistières pourraient-elles dénier à Robert le droit d’être une femme, si tel est son ressenti?

Je vous promets une chose: si Robert fait le pas, je vote pour elle.


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