«S’il y a bien une chose qui m’arrange dans le télétravail, me confie une amie, c’est que je ne me laisse plus distraire par les conversations alentour.» Le thème est connu. Là où un homme plonge dans son occupation et oublie le reste du monde, la femme est souvent happée par ce qui s’agite à sa portée. C’est en tout cas le cliché et, pour ce qui me concerne, une réalité. A la (belle) époque du travail en présentiel, je ne pouvais me concentrer sur un article qu’en chaussant un casque qui diffusait une affreuse musique relaxante, composée de chutes d’eau et de flûte de bambou – si je mettais du Chopin, mon esprit cavalait sur les arpèges, emportant mon attention encore plus loin.

Merci à Eve

Peut-être que les femmes sont en effet moins «focus», plus volatiles, mais les raisons de cette dispersion sont loin d’être futiles. Déjà, contrairement à la condamnation populaire, la curiosité n’est pas un vilain défaut. C’est une grande qualité qui a changé la face de l’humanité. Si Eve n’avait pas mordu dans la pomme de la connaissance, Adam serait toujours en train de gambader nu dans les prés en attendant que la terre nourricière le biberonne et que le père céleste le sermonne… La curiosité constituant le levier de tout progrès, on peut dire merci à la femme originelle de nous avoir propulsés.