C’est sous le titre «Où sont les femmes dans les gouvernements cantonaux?» que la conseillère aux Etats Lisa Mazzone (Verts/GE) a signé une chronique dans les colonnes de ce journal le 26 octobre 2020. Elle s’y inquiétait – à raison – de la tendance d’un retour au 100% hommes dans les Conseils d’Etat. Citons-la: «[…] Pire, le gouvernement mono-sexe est toujours plus en vogue […]. Le torse bombé, le pas imposant et la cravate bien pendue: les photos officielles de ces Conseils d’Etat certifiés 100% masculins se succèdent. De Lucerne à Uri, des Grisons à Appenzell, en passant par […] l’Argovie, qui vient de renouveler son gouvernement, mais pas le genre de ses membres.» Le Valais et le Tessin complètent ce club 100% masculin. «La faute aux partis politiques, incapables de placer des personnalités féminines sous le feu des projecteurs», ajoutait la sénatrice genevoise.

Si l’on ne peut pas douter de la sincérité de Lisa Mazzone dans son combat, on peut s’interroger sur la cohérence de son parti. A Neuchâtel, après un premier tour qui a vu deux femmes, la socialiste Florence Nater et la PLR Crystel Graf, arriver respectivement 4e et 5e au premier tour, la gauche resserre les rangs. Du POP au PS en passant par les Verts et Solidarités, on s’entend pour que soit élu un gouvernement à majorité de gauche – alors même que la gauche a perdu sa majorité au Grand Conseil. Et comme les deux hommes PLR étaient bons premiers de cette élection, c’est Crystel Graf qui est désignée par la gauche unie pour rester sur le banc de touche.