Revue de presse

Les femmes saoudiennes ont enfin leur premier salon automobile

«Conquérir sa liberté, autorisation après autorisation»: tel est le but actuel de la jeune génération en Arabie saoudite. Mais les femmes ont encore beaucoup à gagner en termes d’émancipation

Une société privée a ouvert jeudi à Djeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, le premier salon automobile pour les femmes, qui seront autorisées à conduire dans le royaume à partir de juin 2018, annoncent l’AFP et Reuters. Ce salon, situé dans un centre commercial et dont les employées sont toutes des femmes, doit permettre aux Saoudiennes de pouvoir choisir un véhicule avant de se lancer sur les routes dans cinq mois. Jusqu’ici, l’Arabie saoudite était le seul pays au monde à interdire le volant aux femmes, mais peu à peu, il semble donc que «le carcan» qui les enferme se desserre. «Jusqu’à quel point?» Le magazine Elle est parti en reportage à Riyad pour évaluer la situation.

La manifestation leur permet également de trouver des solutions de financement, avec des banques ou des compagnies financières, pour l’achat d’un véhicule. La société saoudienne organisatrice prévoit d’étendre le concept à d’autres villes du pays. Ce que deux lecteurs du Figaro interprètent à leur façon: «C’est la preuve que ce pays s’ouvre et se modernise. Quand j’étais à Dubaï, j’ai pris conscience que l’Europe (à l’exception de la France) est en retard par rapport à certains pays du Golfe; «intéressant… parce qu’à mon avis, il ne va pas y avoir beaucoup de constructeurs low cost… et quand on connaît le pouvoir de persuasion des femmes dans le choix d’une voiture…»


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En Arabie saoudite, ce royaume ultraconservateur régi par une version rigoriste de la loi islamique, les femmes font l’objet de sévères restrictions, notamment vestimentaires, et sont notamment soumises à la tutelle d’un homme de leur famille pour faire des études ou voyager. Ces deux dernières années, le pays a toutefois annoncé une série de mesures visant à alléger les contraintes qui pèsent non seulement sur les femmes mais aussi sur les jeunes. Parmi ces réformes figurent la décision d’autoriser les femmes à conduire des véhicules (voitures, motos, camions) ou encore celle de leur autoriser cinémas et concerts.

Ces mesures s’inscrivent dans un vaste programme de réformes économiques et sociales baptisé «Vision 2030», dont l’architecte est Mohammed ben Salmane, le nouvel homme fort du royaume, dont L’Obs prévient qu’il a tout de même «une dangereuse tendance à l’arbitraire».

Ce qui n’empêche pas le site Swissinfo.ch de préciser que «de nombreux jeunes Saoudiens» considèrent la récente montée en puissance du jeune prince héritier «comme la preuve que leur génération est en train de jouer un rôle central dans la gestion d’un pays dont les traditions patriarcales réservaient jusqu’ici le pouvoir aux anciens et interdisaient l’émancipation des femmes».

«Conquérir sa liberté, autorisation après autorisation», commente le site de la chaîne de télévision française LCI, signalant que, pour la première fois aussi, des Saoudiennes «pourront assister à des matches de football» ce vendredi: «Une interdiction de moins, même si les restrictions sont encore nombreuses dans le royaume.» Car oui, si l’Arabie saoudite aime à afficher pour l’extérieur «les habits neufs de l’empereur», il reste que «le terrible bilan du pays en termes de droits humains est loin de s’être amélioré», selon le résumé de la situation que fait le Huffington Post québécois.


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«Evergreen»:  Le Salon de la femme (07.03.2012)

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