Le jeu du hasard et des coïncidences fait que, parfois, une actrice est soudainement omniprésente. Comme par le passé Isabelle Huppert ou Adèle Haenel, c’est Léa Seydoux qui, cette année, a illuminé les écrans du Festival de Cannes avec trois films en compétition, et un quatrième en séance spéciale. Indécent? Non, car ce genre de surexposition soudaine est toujours un magnifique moyen de célébrer la magie du cinéma, cet art consistant à rendre réel ce qui ne l’est pas.

Ainsi, Léa Seydoux aura tour à tour été une gardienne de prison posant nue pour un tueur dans The French Dispatch de Wes Anderson, l’épouse évanescente d’un marin ténébreux dans L’Histoire de ma femme d’Ildikó Enyedi, une journaliste télé égocentrée dans France de Bruno Dumont, et enfin la maîtresse de Philip Roth dans Tromperie d’Arnaud Desplechin. A chaque fois, la magie opère: passé le trouble de reconnaître un visage familier, très vite on ne voit plus que le personnage.