La vie à 25 ans

La Fête des vignerons vue du bout du lac

OPINION. Alors que se prépare la grande célébration veveysanne de 2019, notre chroniqueuse confesse qu’elle ne la connaissait pas jusque-là. Un biais de Genevoise…

L’autre jour, une amie m’a fait un aveu honteux: jusqu’à peu, elle ne connaissait même pas l’existence de la Fête des vignerons. Pardon? Oui, bon, sans doute en avait-elle vaguement entendu parler ces dernières années. Mais le nom lui évoquait plutôt un genre de vendange citadine, petits crus et grandes beuveries sous les confettis. Ou une énième déclinaison de «caves ouvertes», flanquée d’une parade kitsch de viticulteurs sur un char enguirlandé.

D’accord, très bien, je l’admets: l’amie ignare, c’est moi. Mea culpa. Oui, parce qu’au moment où les préparatifs en vue de l’édition 2019 atteignent leur paroxysme, et alors que gonfle déjà le raz-de-marée médiatique, on se sent vraiment bête de ne pas avoir été au fait du grand événement. Un peu comme si l’on apprenait que l’immeuble d’à côté donnait la fête des voisins la plus démente de tout le quartier, et qu’on n’avait jamais pris la peine d’y participer.

En 1999, j’avais 7 ans à peine…

L’analogie n’est pas innocente, puisqu’elle explique en partie cette cruelle inculture. Evidemment, il y a l’excuse de la génération. En 1999, année de la dernière Fête des vignerons, j’avais 7 ans à peine. Mes contemporains et moi-même feuilletions davantage nos J’aime lire que 24 heures, et étions plus captivés par la célébration musicale de Notre-Dame de Paris que celle d’une boisson au goût âpre.

Mais pourquoi n’avoir jamais rattrapé mon retard quand le rouge a cessé de me faire grimacer? Parce que je suis désespérément genevoise. Loin de moi l’idée d’alimenter des clichés usés, mais il faut avouer que depuis ce coin de lac, les agitations veveysannes m’ont longtemps paru… accessoires. Fête mythique inscrite au Patrimoine de l’Unesco comprise. Et mon cas n’est pas isolé: après un rapide sondage auprès de concitoyen(e)s de moins de 30 ans, une bonne moitié n’était guère plus éclairée que moi.

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L’esprit des «vaudoiseries»

Mais je le dis aujourd’hui, je suis jalouse de ces «vaudoiseries». J’ai beau aimer ma ville, je lui trouve un léger manque d’esprit. Sa taille, son multiculturalisme, son ouverture à l’international sont autant de richesses qui diluent d’autant son folklore.

Bien sûr, il y a l’Escalade, notre orgie de chocolat et de massepain annuelle. Mais aller au Carnaval de Bâle, à la Saint-Martin dans le Jura ou même à la Foire du Valais, tiens, c’est être témoin d’un ciment de traditions qui rassemble au-delà des quartiers, des âges, de l’éducation. Je veux vivre un peu de cette magie populaire. Alors à défaut de pouvoir jouer à la figurante l’été prochain, la Genevoise que je suis ira gaiement acheter son billet.


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