La vie à 25 ans

Pour des Fêtes blanches… et vertes

CHRONIQUE. Alors que les villes se parent de lumières et les vitrines de cadeaux, notre chroniqueuse pense à la planète et aux petits gestes écolos qui peuvent, à défaut de renverser la vapeur, symboliser nos efforts à petite échelle

«Ça commence vraiment à ressembler à Noël», fredonnait Bing Crosby, voix de crooner et grelots espiègles, en 1951. C’est aussi ce que je me suis dit en grimpant les escaliers de mon immeuble dimanche passé. Sur la porte de mes voisins, un énorme nœud doré, constellé de paillettes… et clignotant frénétiquement.

C’est étrange comme la période des Fêtes peut révéler le mauvais goût qui sommeille en nous. Peu importe. Aussi puéril que ça paraisse, les décorations de Noël, même les plus kitsch, ont le don de me ragaillardir et de dissiper la grisaille qui plombe le moral. Et si le marché de Noël lausannois offre de joyeuses flâneries, la palme de la Christmas classe revient à Zurich et à sa Bahnhofstrasse, inondée d’une pluie de lumière.

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En m’extasiant devant ces guirlandes, j’en oublierais presque qu’en Pologne l’heure est grave. Ces prochains jours, la COP24 tentera de sceller et d’uniformiser l’application de l’Accord de Paris, déterminant dans la lutte contre le réchauffement climatique. Alors en voyant ces rues surilluminées, ces vitrines encombrées, ces sapins coupés, je me dis que les festivités nous font bien vite oublier nos résolutions écolos…

Comment célébrer Noël sans polluer la planète? Comme moi, de plus en plus d’anonymes y sont sensibles. Une vidéo publiée par Le Monde, qui révélait qu’acheter un conifère naturel serait étonnamment plus respectueux de l’environnement qu’un modèle artificiel – le vrai sapin, lors de sa pousse, absorbe du CO2 et nous vient de moins loin –, a récolté une avalanche de commentaires. «Mieux vaut en fabriquer un soi-même», suggère un internaute.

Chauffe-mains panda

Un cauchemar pour tous les bricoleurs gauches dans mon genre. Mais en cherchant un peu, on trouve d’autres gestes faciles à faire: choisir des illuminations LED équipées d’un timer, emballer ses cadeaux dans du papier recyclé (ou du papier journal, pour un petit côté hipster), éviter le saumon d’élevage et surtout les gadgets électroniques inutiles sous le sapin – du genre un chauffe-mains en forme de panda. Certes, ces petits riens ne sauveront pas le climat. Mais quelle meilleure période que celle-ci, où l’on pense d’avantage à son prochain qu’à soi, pour consommer plus consciemment?

«Je rêve d’un Noël blanc», susurrait Bing Crosby en 1942. Et moi donc. Mais c’est précisément parce que je sais que cette neige n’est pas éternelle que j’ose aspirer, cette année, à des Fêtes un peu plus vertes.


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