Mais quel frelon a piqué Gerhard Pfister? Dans Le Matin Dimanche et la NZZ, il fustige la neutralité du Conseil fédéral. Ignazio Cassis dit qu’«être neutre, ce n’est pas être indifférent» pour justifier la reprise des sanctions européennes à l’encontre de la Russie? Le président du Centre rétorque: «La neutralité devient indécente quand les conséquences de notre attentisme ont pour effet que l’agresseur est récompensé et l’agressé pénalisé»… Pourquoi ne pas autoriser l’Allemagne à fournir ses munitions importées de Suisse à l’Ukraine? Quel est le problème? Et Gerhard Pfister de citer le rapport Bergier révélant les livraisons d’armes à la Finlande lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il aurait dû ajouter que l’essentiel des crédits militaires suisses avait bénéficié à une partie au conflit, l’agresseur nazi, comme le rappelait dans ces colonnes l’historien Christophe Farquet la semaine dernière.