Anniversaire national, dimanche dernier. Le Canada a célébré le 50e anniversaire de son drapeau, dit «l’unifolié». La feuille d’érable avait été promue symbole national, et drapeau officiel, le 15 février 1965, par décret du premier ministre d’alors, Lester B. Pearson.

Les Canadiens raffolent de leur emblème, a estimé le gouverneur général, représentant de la reine d’Angleterre, David Johnston. Dans son communiqué repris par une dépêche citée par Le Devoir, il a raconté: «La feuille d’érable, entre ces bandes rouges, est si intimement intégrée à la vie des Canadiens, si représentative de notre engagement national, que nous ne pouvons pas imaginer notre pays sans elle. [...] Elle raconte le peuple que nous sommes, les valeurs que nous chérissons et la terre qui est la nôtre.»

Lyrisme comparable chez le premier ministre Stephen Harper, lequel rappelle d’abord que la feuille d’érable a été utilisée comme symbole déjà «au début des années 1700», puis lance (dans son discours publié en ligne): «Il constitue un point de ralliement commun durant les grands moments de l’histoire de notre pays, et il témoigne de notre ingéniosité et de nos réalisations ici comme sur la scène internationale.» D’ailleurs, il flotte sur la Station spatiale internationale, renchérit le premier ministre.

Polémique sur un rtetrait du drapeau...

La popularité du symbole a été vérifiée à l’automne 2012 lors d’une vive polémique à Québec. Alors conduit par les autonomistes du Parti québécois, le gouvernement a voulu retiré le drapeau d’un salon de l’Assemblée nationale, ce qui a suscité des levées de boucliers – comme l’a raconté La Presse, le parlement a ensuite poussé l’exécutif à faire marche arrière.

Pour l’occasion, l’Association des études canadiennes a commandé un sondage sur le drapeau: «66 % des Québécois ont dit en retirer de la fierté, tandis que 32% estiment plutôt qu’au contraire, le drapeau canadien n’est pas un symbole de fierté important», a résumé La Presse.

... et sur l’effort accordé pour son anniversaire

La célébration de cette année a aussi eu sa polémique. En janvier, La Presse a raconté que «certains trouvent que le gouvernement fédéral n’en fait pas beaucoup pour souligner l’événement, considérant les 5,2 millions $ consacrés au bicentenaire de la guerre de 1812», deuxième guerre entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pendant laquelle une partie du Canada avait été envahie.

La Presse a ainsi relaté que «Roy Mayer, fondateur d’un groupe qui milite pour que le Jour du drapeau national du Canada devienne un congé férié, a écrit au premier ministre Stephen Harper [...] pour lui exprimer sa déception. [...] «Nous sommes le meilleur pays du monde et nous le savons [...] Pourquoi on ne fait rien pour notre drapeau, pour l’amour du ciel?»», a lancé le retraité. Un autre groupe basé en Ontario a fait part des mêmes regrets.

Les débats sur le drapeau sont anciens. Il est même «né dans la douleur», rappelle l’historien Gilles Laporte dans Le Devoir. Lorsqu’en 1945, le Canada anglophone s’est doté d’un premier emblème, le Red Ensign, «une pâle imitation de l’Union Jack anglais», les Québécois ont sèchement réagi en se dotant de leur fleurdelisé.

Nouvelle controverse en vue de 2017

Officiels et défenseurs du patrimoine auront encore l’occasion de s’écharper. En 2017, le pays fêtera les 150 ans de la Confédération. Le slogan («Fort. Fier. Libre.»), et le site, sont déjà sur orbite. Il y a quelques semaines, l’agence de presse nationale, reprise par Ici Radio-Canada, a noté que «les publicités pour promouvoir le 150e anniversaire du Canada ont coûté jusqu’à maintenant près de 12 millions de dollars aux contribuables [...]».

Parmi d’autres, un député libéral a fulminé contre ces dépenses, jugées comme de l’autopromotion: «C’est un gouvernement manipulateur. Ils brouillent la frontière entre l’information gouvernementale et les publicités partisanes.» Il reste encore deux ans avant la fête.

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