C'était il y a cinq ans presque jour pour jour, le 8 juillet 2003. Swisscom décidait d'augmenter le débit des offres ADSL. Finie la vitesse de 256 kbit/s, place à 300 kbit/s, et ce pour 49 francs par mois. Cinq ans plus tard, ces débits font sourire. L'immense majorité des internautes suisses surfe à une vitesse douze fois plus élevée, à 3,5mbit/s, et ce toujours pour une quarantaine de francs par mois. Ce débit semble aujourd'hui un minimum pour naviguer sur Internet, regarder de façon fluide des vidéos sur YouTube, télécharger rapidement des chansons et des films...

Dans deux ans, peut-être aurons-nous besoin de 10mbit/s. Dans cinq ans, de 20mbit/s. Et ensuite, qui sait? De nouveaux services toujours plus gourmands en bande passante ne cessent d'apparaître. Les câblo-opérateurs modernisent rapidement leurs réseaux pour se préparer au futur. Swisscom fait logiquement de même en se préparant à investir 7 à 8 milliards de francs dans un réseau national de fibre optique. Ses concurrents ont raison de s'inquiéter: l'opérateur historique est le seul à pouvoir investir autant. Il risque ainsi de ne leur laisser que des miettes du futur marché de l'Internet à haut débit.

Swisscom propose déjà de louer une partie de son futur réseau à ses concurrents: l'idée est à suivre, mais sous réserve que cela se fasse à des conditions justes. Que Swisscom n'impose pas de façon unilatérale des tarifs prohibitifs. Et, aussi, que ses concurrents ne se comportent pas comme des profiteurs en utilisant son réseau quelques années en n'investissant pas un centime.

Pour parvenir à ce juste milieu, les autorités de régulation doivent agir rapidement pour que tous les acteurs s'entendent, d'autant que certaines sociétés électriques commencent déjà à poser de la fibre. Seule cette concertation permettra à la Suisse de conserver, au niveau mondial, une position de pointe dans l'accès à Internet.

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