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Au fil des années, le «gamin de Bâle» a su s’installer, se maintenir, se remettre en question, se réinventer. Il a parfois changé d’entraîneur mais son entourage est resté d’une grande stabilité.
© Clive Brunskill / Getty Images

Editorial

Et à la fin, c’est Roger Federer qui gagne

Roger Federer est parvenu au sommet et continue d’accumuler les records; pourtant, il n’y avait rien d’écrit dans cette destinée exceptionnelle. Notre éditorial

Ce dimanche, moins de deux heures après Roger Federer, Martina Hingis a gagné le double mixte du tournoi de Wimbledon, associée à Jamie Murray. Martina Hingis, née le 30 septembre 1980, et Roger Federer (8 août 1981) n’ont que dix mois d’écart et possèdent sans doute le même talent tennistique. Pourtant, la Saint-Galloise a remporté son dernier titre en simple en 1999 et se contente depuis une dizaine d’années de divertir les foules dans des épreuves secondaires. Roger Federer, lui, n’en finit plus de dominer ses adversaires et de battre des records. Depuis hier, le compteur est monté à 19, série en cours.

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Il ne faudra jamais oublier ceci: il n’y avait rien d’écrit dans cette destinée exceptionnelle. A 15 ans, Roger Federer était certes un adolescent talentueux à qui des gens qui n’y connaissaient pas grand-chose promettaient qu’il serait un jour numéro 1 mondial, mais ces pronostics furent pour lui bien plus une gêne qu’un encouragement. Et même en 2003, lorsqu’il remporta son premier Wimbledon, il n’y avait toujours rien de garanti. Combien de futures stars ne furent que des étoiles filantes?

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«Le talent ne mène nulle part», a-t-il encore répété cette semaine. L’ambition, le travail sont de plus sûrs alliés. Au fil des années, le «gamin de Bâle» a su s’installer, se maintenir, se remettre en question, se réinventer. Il a parfois changé d’entraîneur mais son entourage est resté d’une grande stabilité. La constance – et c’est peut-être là où il est le plus suisse – est pour lui une vertu cardinale.

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Il ne faudra pas non plus oublier ceci: Federer a été beaucoup critiqué, notamment en Suisse. On l’a dit fini, dépassé par Rafael Nadal en 2008, ringardisé par Novak Djokovic en 2013, bon pour la retraite en 2016. Mais à la fin, c’est toujours Roger Federer qui gagne. Parce qu’il se connaît mieux que personne, parce qu’il est capable d’analyser sa situation avec une objectivité et une acuité rares. Parce que même s’il ne dédaigne pas les honneurs et la vie mondaine, il a toujours su compartimenter sa vie et relativiser les succès et les défaites.

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Au détour d’un couloir qui mène au Centre Court de Wimbledon, les joueurs peuvent lire ces deux vers du célèbre poème «If» de Rudyard Kipling: «Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite/Et recevoir ces deux menteurs d’un même front». C’est un conseil qu’il a toujours su écouter et qui l’a conduit à empiler les titres et les records, encore et toujours.

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