«En Ville, depuis qu'il n'y a plus de femmes à l'exécutif, les combats de coqs font rage et l'incompétence de certains membres de l'équipe actuelle n'a d'égale que leur prétention. Ils ne se sont pas davatage attelés à réformer les relations entre la Ville et le canton que leurs prédécesseurs, alors qu'il s'agit d'une priorité.

»La culture, par exemple, n'est manifestement plus une tâche d'importance communale. Genève est une ville figée, qui entretient ses prébendes et des structures redondantes. Ce n'est pas la recherche de l'efficacité qui prime pour les magistrats et les hauts fonctionnaires, c'est la politique de la place acquise. La Ville dispose d'une véritable clientèle au sein de la population, il y a trop d'avantages acquis qui l'emportent sur le bien public. Pour les réformes, on préfère attendre la Constituante, car personne ne veut prendre le risque de mécontenter ses électeurs. C'est un état d'esprit déplorable. Et je crains que rien ne change après le 29 avril.

»La municipalité devra pourtant réduire son train de vie. La Ville dispose de beaucoup d'argent en regard de ses prérogatives, mais elle gaspille ses richesses, ses dépenses ne répondent pas aux besoins qui apparaissent sur le terrain. La manière dont elle s'occupe de ses restaurants et de son parc immobilier constitue un exemple flagrant de laisser-aller. Elle devrait en confier la responsabilité à des entrepreneurs privés, car les hauts fonctionnaires ne sont pas des chefs d'entreprise. C'est sans doute parce que Genève est tellement privilégiée qu'elle n'a pas le souci d'une meilleure gestion. Je souhaite que les Genevois et la Ville prennent conscience de leur chance et qu'ils sachent regarder au-delà des édicules de la Rade pour bâtir l'avenir.»

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