Charivari

La fin du déo, le retour des odeurs

OPINION. De plus en plus de gens sentent la transpiration dans les lieux publics. Notre chroniqueuse questionne le phénomène et donne un truc extra pour lutter contre ce fléau

Vous la sentez, vous aussi? Elle ne vous a pas échappé, n’est-ce pas? Dans les transports en commun, les cafés, les magasins. Même les salles de spectacle, parfois. Comme ça, au débotté, mais plutôt en fin de journée, elle vous saisit à la gorge et vous file un méchant coup dans le nez. L’autre jour, dans un bistro genevois, avec un ami. Obligés de changer de place, car une jeune fille, assise tout près et absolument charmante au demeurant, sentait si fort la transpiration qu’on en perdait notre concentration.

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Le sujet est plus que tabou, il est proscrit. On peut éventuellement dire à une personne qu’elle a forci ou qu’elle a les traits tirés. Mais lui dire qu’elle sent mauvais, no way! Un président français y a même perdu sa dignité. C’est qu’il associait, le cuistre, odeur et origine géographique. Indigne, oui. Dans les assauts méphitiques que j’ai essuyés ces derniers temps, les odeurs ne connaissaient pas de frontières. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, d’ici ou d’ailleurs, tous unis dans la transpi! Comme si, désormais, les déodorants étaient interdits.

Le soin des aisselles

Justement. On attribue d’ordinaire ces effluves vigoureux à la nouvelle vague verte. Puisque les déodorants sont souvent chimiques et peuvent contenir des sels d’aluminium dangereux pour la santé, les écolo-friendly ont décidé de s’en passer. Légitime. Ils recourent alors à la pierre d’alun, au citron, au bicarbonate de soude ou à toutes sortes d’autres moyens naturels pour neutraliser les odeurs corporelles. Enfin, ils devraient recourir, car, visiblement, certains sautent la case «soins des aisselles» au petit-déjeuner…

Trop de pression

Une amie pense autrement: «Les gens mettent bien du déo après leur douche matinale, mais la société est si exigeante aujourd’hui, il y a tant de pressions dans le milieu professionnel que les pauvres travailleurs ont des poussées de sueur. C’est la dure loi du marché qui fait qu’on sent mauvais.» Ou comment rendre presque sympathiques certains indélicats qui pendulent avec moi! Une troisième voix se demande plus simplement «si la règle d’hygiène de base qui consiste à se laver une fois par jour n’est pas en train de perdre du terrain»…

Frottez, frottez!

Un ami scientifique termine avec ce conseil avisé: «Des études sont sorties sur la question. En fait, peu importent le savon, le désinfectant ou le déodorant. Tout dépend de la vigueur avec laquelle on frotte ses dessous-de-bras. Plus on frotte, plus on chasse les bactéries, et plus on chasse les bactéries, moins il y a d’odeur en fin de journée.» Autrement dit, c’est l’huile de coude qui fait le fumet des aisselles.


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