Le mouvement pour une finance durable est inexorable et c’est un développement extrêmement positif. Les pressions récentes pour que la Banque nationale et les caisses de pension vendent toutes leurs participations dans les entreprises productrices d’énergies fossiles en sont cependant la manifestation la moins lucide.

Leurs promoteurs semblent penser que l’achat ou la détention d’actions constitue un transfert de fonds et donc un soutien financier (certains parlent même de subventions!) de l’acheteur à l’entreprise. Cela ne correspond pas à la réalité. Les entreprises établies versent des dividendes à leurs actionnaires (une fois les actions émises, les flux financiers vont dans l’autre sens), elles ne procèdent que rarement à des augmentations de capital et jamais dans le cas d’entreprises très profitables comme les entreprises pétrolières. Vendre l’action d’une entreprise dont on réprouve l’activité permet peut-être de se donner bonne conscience mais n’affecte aucunement la capacité de l’entreprise à financer ses activités; ce n’est pas lui couper les vivres, seulement se laver les mains de son comportement futur.