Depuis le début de la pandémie de Covid-19, nos autorités se sont appliquées à tenir compte des expertises et recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec raison. Etrangement, il en va tout autrement des recommandations de cette même OMS en matière de lutte contre un autre fléau, le tabac. C’est ce laxisme qui fait que, le 13 février, après deux lustres de débats stériles dans la Berne fédérale, il reviendra aux citoyens de décider en votation populaire de restreindre une publicité qui, tout simplement, vise à rendre les gens dépendants d’un produit toxique et en conséquence malades à vie. Entrée en vigueur en 2005 déjà, la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac compte 182 Etats parties, mais pas la Suisse. En matière de dispositions sur la publicité, le projet de loi fédérale proposé en 2015 par le Conseil fédéral aurait permis de ratifier la convention. Le parlement l’a sèchement renvoyé à son auteur sans même débattre de son contenu.