Finstagram est la contraction de deux mots: fake (faux) et Instagram. Il s’agit du surnom donné à un compte alternatif qu’une personne ouvre sur Instagram, dont l’accès strictement privé n’est accordé qu’à un nombre limité de ses amis très proches. Un concept qui séduit de plus en plus d’adolescents aux Etats-Unis.

L’objectif de ce deuxième compte Instagram, contrairement au compte principal, n’est pas de récolter un maximum de followers ou de likes pour ses photos, mais de publier des autoportraits sans fard, en toute confiance, sans avoir peur d’être ridiculisé ou rediffusé sur les réseaux sociaux. Le phénomène est tel aux Etats-Unis, qu’il a fait l’objet d’articles dans des titres aussi prestigieux que le New York Times, Salon, The Atlantic et ELLE Magazine.

Contrairement aux photos publiées sur Instagram, qui aspirent à être esthétiquement parfaites et sont peaufinées méticuleusement pour présenter une image de soi idéale, Finstagram (dit Finsta) est un espace plus authentique où les ados, principalement féminins, se montrent dans des situations amusantes voir même gênantes.

Fini, les codes de conduite

Les codes de conduite qui régissent Instagram sont largement ignorés sur Finsta. Sur Instagram il s’agit d’être circonspect et ne jamais publier plus d’une fois par jour. Sur Finstagram, il est tout à fait acceptable de télécharger en rafale des photos d’une banalité absolue, des captures écrans et des selfies peu flatteurs à longueur de journée.

En interrogeant quelques jeunes de mon entourage, pourtant pointues dans leur usage des réseaux sociaux, Finstagram leur était inconnu. Il semblerait que cette tendance ne soit pas encore arrivée dans nos régions.

Pour Caroline, ma nièce de 16 ans, qui pratique Instagram: «C’est vrai qu’on fait très attention aux photos qu’on publie. On traite les images en ajoutant des filtres, on réfléchit aux meilleures captions, on demande conseil autour de soi. Il s’agit de se définir et en même temps montrer une bonne image. Publier sur Finstagram, même autrement? Je ne pense pas. Gérer un deuxième compte prendrait trop de temps. Un me suffit».

L’avenir nous dira si Finstagram prendra le même essor en Europe qu’aux Etats-Unis.

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