La fiscalité écologique, c’est sauver l’environnement sans sacrifice

Le 8 mars, le peuple votera l’initiative des Vert’libéraux pour supprimer la TVA et la remplacer par une taxe sur les énergies non renouvelables connue sous l’acronyme de TE-TVA.

Le débat actuel, fortement pollué par des arguments en dehors de toute réalité concrète comme par exemple l’essence à 5 francs, tourne autour des aspects sociaux: plus ou moins social que la TVA?; des rentrées fiscales garanties ou pas?; ou encore des prétendus risques pour les entreprises. Dans les faits, le malaise des opposants est patent, car pourquoi sinon s’obstineraient-ils à parler d’essence à 5 francs alors que la réalité se situera entre 2,50 et 2,70 francs, ainsi que 33 centimes supplémentaires par kWh d’électricité, et oublieraient-ils systématiquement que la suppression de la TVA compensera ces augmentations?

Des éléments certainement déterminants devraient être examinés avec soin par les électeurs, car manquer cette occasion pourrait bien se révéler très douloureux pour notre pays à long terme.

Le réchauffement climatique, contesté uniquement par quelques irréductibles rétrogrades, les conséquences de plus en plus claires sur notre santé de l’émission de particules fines, et enfin les coûts induits par la charge environnementale générale ne laissent que peu de choix: que nous le voulions ou non, nous devons agir. La question essentielle se résume à cela: agirons-nous à reculons, sous contrainte, ou au contraire serons-nous des acteurs déterminés cherchant à obtenir une compensation effective de l’effort à fournir?

TE-TVA, n’en déplaise à nos détracteurs, offre une neutralité des coûts pour les citoyens-payeurs ainsi qu’un allégement substantiel de la charge bureaucratique pour les entreprises. Cette simplification avoisine les 2 milliards de francs, soit quasiment 40% de la perte induite par le franc fort pour l’économie, selon les estimations du KOF. Il n’existe pas de proposition équivalente dans le paysage politique helvétique en faveur de l’environnement. Toutes les autres solutions envisagées induisent soit une charge supplémentaire pour la population, soit un frein pour l’économie, soit encore les deux à la fois: dans tous les cas, un accroissement de la bureaucratie, et cerise sur le gâteau, une efficacité tendant vers zéro!

Créer une incitation élevée en faveur d’une réduction de la consommation d’énergie fossile soutient doublement notre économie. Premièrement, on peut rappeler que nos hautes écoles appartiennent aux meilleures du monde. Notre pays vit de sa capacité à innover! Par ailleurs, réduire la fuite de capitaux, conséquence de l’importation des énergies fossiles, libérera précisément des capitaux pour investir et améliorer notre compétitivité.

Malheureusement, et alors que notre pays a plusieurs fois lancé des innovations majeures dans le domaine des cleantechs, la filière n’a pu prospérer et obtenir la position de leader à laquelle elle pourrait prétendre, faute d’une demande intérieure suffisante. La place reste à prendre pour l’instant, mais jour après jour, nous avons toujours plus de compétiteurs sur ce créneau, qui est un créneau d’avenir, faut-il le rappeler. Nous aurions bien tort de limiter les porteurs de notre prospérité au triangle finance-pharma-horlogerie.

TE-TVA permet une sortie ordonnée de notre surconsommation d’énergie fossile sans mettre en péril ni nos équilibres sociaux, ni notre tissu économique. Les meilleurs économistes mondiaux, comme ceux du FMI par exemple, confirment que seul un transfert de fiscalité existante sur des taxes écologiques permettra de lutter réellement contre nos problèmes environnementaux tout en préservant une croissance saine.

Selon la formule consacrée, il n’y a pas «photo-finish»: 2 milliards d’économie directe, plus une incomparable incitation à l’innovation, et encore une limitation de la fuite des capitaux, contre quoi? Exactement l’inverse! On dit souvent que la défense de l’environnement rapporte à long terme plus qu’elle ne coûte. Dans le contexte de TE-TVA, la formule se révèle inappropriée, car le gain est immédiat et ne fait que se renforcer au fil du temps.

Les opposants nous parlent d’incertitude générée par notre initiative. Même si nous contestons avec force cette affirmation, nous aimerions leur rappeler que le statut quo ou les solutions alternatives envisagées ne peuvent effectivement pas mériter le qualificatif d’incertitude, puisqu’elles garantissent l’affaiblissement de notre patrie aussi bien sur les plans environnementaux qu’économiques.

TE-TVA nous offre en prime un superbe programme de relance conjoncturelle, voire de diversification économique, et ceci sans mettre à contribution la population. Pour le bien de tous, il faut espérer que, malgré le flot de contrevérités inondant les débats, le souverain aura la sagesse de plébisciter cette initiative, ayant toutes les caractéristiques d’une opportunité comme l’on n’en voit qu’une par génération!

Coordinateur romand de la campagne TE-TVA, membre des Vert’libéraux neuchâtelois

Il n’existe pas de proposition équivalente dans le paysage politique helvétique en faveur de l’environnement

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.