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Des ballons de baudruche au quartier général des opposants à la réforme de l'imposition des entreprises troisième mouture soumise au vote, le 12 février 2017.
© Alessandro della Valle/KEYSTONE

Éditorial

Fiscalité des entreprises: tabou brisé à Genève

EDITORIAL. Nouvelle ministre des Finances, Nathalie Fontanet rompt avec le discours tenu par son prédécesseur. Le taux auquel seront taxées les entreprises genevoises est bien négociable. En l’affirmant, la PLR installe les conditions d’une négociation sur une réforme vitale pour Genève 

A Genève, les choses bougent concernant la réforme de la fiscalité des entreprises. Nouvelle ministre des Finances, la PLR Nathalie Fontanet tient un discours à même de résoudre une situation qui semblait bloquée depuis des mois sous la législature précédente dans un dossier vital pour l’avenir du canton.

En révélant dans nos colonnes que le taux unifié auquel les entreprises seront taxées à l’avenir est bien négociable, elle a brisé ce qui était devenu un totem pour son prédécesseur, Serge Dal Busco. Ingénieur, constructeur, amoureux des édifications solides, le PDC s’était investi corps et âme dans le dossier de la réforme de l’imposition des entreprises, RIE III, devenue PF17.

A Berne, après le refus dans les urnes de la version fédérale, il avait fait aboutir une solution «genevoise» qu’il a défendue bec et ongles durant les élections cantonales. Accepter dans son canton des souplesses qui ne convenaient pas à ce qu’il avait patiemment construit à Berne aurait été se dédire. Sa rigidité sur le taux de 13,49%, qu’il a déclaré non négociable, ne l’a pas empêché de se faire bien réélire. On peut même penser qu’elle y a contribué. Mais elle a tué toute possibilité de négociation.

Lire aussi: Nathalie Fontanet: «Le taux d’imposition des entreprises est négociable»

Nathalie Fontanet rouvre donc le champ des possibles. Les contacts ne sont qu’exploratoires. On en est aux déclarations d’intention et à l’écoute attentive. Dans la bouche d’une ministre cependant, les mots peuvent être performatifs, les discours changer les configurations politiques les plus figées.

La conseillère d’Etat n’avait que peu de choix: les vainqueurs de la votation du 12 février 2017 mettent l’exécutif sous pression. Lundi, l’Alternative de gauche et les syndicats déposaient une initiative constitutionnelle ayant abouti et demandant de geler les dépenses sociales, quels que soient les revenus à l’avenir. S’il est habile et pose Nathalie Fontanet en femme de dialogue, ce discours n’en est donc pas moins contraint par le rapport de force cantonal et un calendrier infernal.

Lire aussi: L’initiative qui sanctuarise les prestations publiques genevoises a abouti

Cette ouverture est un test pour les partis du Grand Conseil. Les élections cantonales ont opéré un rééquilibrage propre à faire naître le consensus, qui est à la politique genevoise ce qu’une fleur est dans le désert. Un petit miracle. Cette reconfiguration permettra de vérifier s’il ne s’agit pas que de bonnes paroles dans la bouche des élus. Sans minimiser le trouble créé par le comportement du président du Conseil d’Etat, l’affaire du voyage controversé de Pierre Maudet à Abu Dhabi a montré que les partis n’avaient nulle intention de se tendre la main. Le mouvement opéré par Nathalie Fontanet leur donne l’occasion de démontrer le contraire.

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