Sept jours sont longs dans une campagne électorale ou référendaire. En tout cas, c’est largement suffisant pour qu’elle bascule d’un côté ou de l’autre. Les électeurs britanniques se rendront aux urnes et décideront, dans un acte solennel, de leur avenir au sein de l’Union européenne (UE) jeudi prochain. Les dés ne sont pas jetés.

Dans un discours à Zurich en 1946, le premier ministre britannique Winston Churchill employait pour la première fois l’expression «Etats-Unis d’Europe». Mais c’est seulement en 1973 que les sujets de sa Majesté ont rejoint la grande famille européenne à l’issue d’un référendum. Avec 67% des Britanniques qui avaient approuvé le mariage.

La question du divorce est maintenant sur la table. Selon les derniers sondages, le camp du statu quo est donné perdant. Une telle perspective inquiète beaucoup dans le pays. A court terme, les pro-européens écossais pourraient demander l’indépendance. Au niveau européen, les dirigeants n’osent pas trop en parler. La sortie du Royaume-Uni pourrait ouvrir la voie à la désintégration de l’UE. Plusieurs pays pourraient suivre l’exemple britannique pour redéfinir leurs relations avec Bruxelles.

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Tout peut arriver

Mais à une semaine du vote, tout peut arriver. Le camp du «Remain» peut encore l’emporter et ce ne sera pas la première fois que les urnes auront démenti les sondages. Après tout, ce pays conservateur ne rechigne-t-il pas à tout bouleverser lorsqu’il s’agit d’enjeu fondamental?

Ces dernières années, beaucoup des Britanniques ont eu le sentiment que des migrants, plus particulièrement les ressortissants de nouveaux membres de l’UE – les pays de l’Est – ont abusé de l’aide sociale publique. C’est l’une des principales raisons de la grogne contre Bruxelles. Les partis eurosceptiques capitalisent sur cette colère.

Le parti de l’indépendance (UKIP) de Nigel Farage a fait une forte remontée dans les récentes élections locales. Mais dans les scrutins nationaux et où les enjeux ont une autre portée, les Britanniques sont plus rationalistes et pragmatiques. En tout cas, ils ne sont pas des impulsifs. Ils savent aussi que les nouveaux migrants font des boulots qu’ils n’en veulent pas.

David Cameron, le premier protagoniste du «Remain» peut parier sur le conservatisme, le réalisme et surtout le flegme britannique pour démentir les sondages dans une semaine.

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