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Opinion

Les fondamentaux biologiques de la politique suisse

La démographie, le vieillissement de la population et les évolutions de l’ADN: autant de facteurs qui conditionnent les fondements de la politique suisse. Voici comment

Toute politique comporte des non-dits, enfouissant les problèmes insolubles. La démocratie directe suisse foisonne de ces dénis de réalité, car pour faire avancer un dossier il faut lentement faire coïncider l’approbation du parlement, l’acquiescement du peuple versatile et la détermination vacillante du Conseil fédéral. De façon démonstrative, trois importants fondamentaux esquivés relèvent de la biologie.

De l’importance de la démographie

La démographie est la plus significative des caractéristiques biologiques. Au parlement, on s’évertue à en pallier les conséquences, tout en se gardant d’en parler directement. Car la nation suisse souffre d’une dépopulation programmée: il manque 40 000 naissances par an pour assurer le renouvellement des générations. C’est le résultat d’une politique familiale mesquine. Pire: en 2004, il y eut en Suisse la naissance de 53 680 enfants suisses pour 19 402 enfants étrangers, qui représentent le quart des naissances.

Néanmoins la population résidente de la Suisse augmente. Au 31 décembre 2014, la Suisse comptait 8 237 700 habitants, correspondant à un accroissement annuel de 1,1%, malgré cette fécondité basse. Ce paradoxe résulte de deux mouvements: d’une part l’allongement de l’espérance de vie qui fait que le taux de décès (0.88%) demeure inférieur au taux de natalité (0.95%); d’autre part une immigration constante qui constitue la moitié de l’accroissement de la population. Dès lors, les 1 998 000 étrangers représentent 23,8% de la population résidante. La Suisse est une terre d’immigration, au premier rang mondial en compagnie de l’Australie, tout en sursoyant sans cesse la naturalisation.

L’immigration prétendument massive ne fait que pallier l’effondrement de la population d’origine helvétique. En 2001, 2,4 millions d’immigrés et de descendants d’immigrés vivaient en Suisse, soit rien moins que le tiers de la population résidente permanente en Suisse. L’identité biologique suisse participe donc d’un fantasme.

De l’importance du vieillissement biologique

Le vieillissement biologique de la population résidante est le résultat visé des progrès de la médecine universelle et de l’excellence du système de santé helvétique. Il en résulte une augmentation naturelle de l’espérance de vie passée de 68 à 83 ans depuis la création de l’AVS en 1948. Ce système, basé sur la distribution annuelle des cotisations des actifs aux retraités, fonctionnait sans peine lorsque la durée de la retraite était en moyenne de trois ans. Il devient irréaliste si la survie est multipliée par un facteur six et l’AVS est donc financée aussi par des fonds publics prélevés par la fiscalité. Son équilibre à long terme est perpétuellement menacé.

Pour pallier un déficit croissant de l’AVS au fur et à mesure des progrès de la médecine, il y a trois solutions respectant l’esprit d’une pension par répartition: augmenter les cotisations, diminuer les rentes – solutions inimaginables – ou reculer l’âge de référence de la pension. Pour revenir à la situation de 1948, il faudrait ainsi travailler jusqu’à 80 ans. Solution impossible à défendre. Les suggestions consistant à travailler jusqu’à 67 ou 70 ans furent, elles aussi, repoussées avec indignation.

Sans trop le dire ou même en être conscient, on s’est alors attaqué à la médecine, coupable de cette impasse. Dès 1998, le numerus clausus fut appliqué dans les facultés de médecine alémaniques selon l’hypothèse qu’en médecine c’est l’offre qui crée la demande. Il est évident que moins il y a de médecins, moins il y a de malades soignés, par surcharge des premiers et décès prématurés de seconds.

Cette politique de raréfaction des praticiens échoua. Les candidats médecins d’origine suisse, refoulés des universités nationales, furent remplacés par des praticiens étrangers suite à la libre circulation avec l’UE. Dès lors un quart des praticiens en exercice ont été formés ailleurs, ce qui représente tout de même l’avantage d’économies considérables en frais de formation.

De l’importance de l’ADN

Non seulement notre destin biologique est fixé dans notre ADN, une simple molécule, mais au fil des générations celle-ci est soumise à une évolution, qui est gouvernée par le hasard de la reproduction sexuée, c’est-à-dire par croisement et sélection, mais aussi par l’apport d’éléments de génomes étrangers par des virus. Sans évolution depuis l’amibe initiale, pas d’humanité. Or, le génie génétique permet maintenant de contrer le hasard et de gouverner l’évolution de tous les êtres vivants.

Cette idée a révolté la population qui a accepté en 1992 un article constitutionnel interdisant pratiquement le diagnostic préimplantatoire et la procréation médicalement assistée pour la médecine humaine. Plus en 2005 une initiative populaire interdisant la production d’OGM en agriculture. Selon ce fondamental de la politique helvétique, le hasard produirait des résultats meilleurs que l’intervention humaine. La Nature n’a jamais commis d’erreur, sauf la création de l’homme, parce que celui-ci peut la contredire.

ADN contre horoscope

Ces blocages populaires soulignent une large méconnaissance des principes élémentaires de la biologie. Il est vrai qu’un tiers de la population croit encore que le destin individuel est déterminé non par l’ADN mais par l’horoscope. Dans ce déni élémentaire de la réalité, des décisions politiques aberrantes ont été, sont et seront prises.

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