Le Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (Forta) apportera à l’entretien et au développement du trafic routier la même sécurité structurelle que ce que le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF), approuvé en 2014, apporte au rail. Il mettra de l’ordre dans le financement de la route, aujourd’hui fragmenté entre un autre fonds et un compte spécial intégré dans le budget fédéral.

Ce projet est nécessaire. L’initiative «Vache à lait» ayant été rejetée à 71% le 5 juin, plus aucun obstacle ne devrait lui barrer la route. Mais on a eu chaud. D’une part, parce que le climat politique s’est durci depuis les élections de 2015. D’autre part, parce que certaines interprétations du vote du 5 juin sont très discutables.

L’UDC, qui n’a pas digéré l’échec de l’initiative «Vache à lait», s’oppose toujours à l’une des ressources du fonds: une modeste adaptation de 4 centimes de la surtaxe sur les carburants, dont le montant n’a pas bougé depuis… 1974! Le parti de l’asphalte a également tenté d’exclure du Forta tout type de mobilité urbaine qui n’aurait pas quatre roues, comme les trams ou les RER. La manoeuvre a échoué.

A gauche, l’Association transport et environnement (ATE) s’est permis une surinterprétation du scrutin du 5 juin. Elle prétend que le peuple «ne veut pas d’une redistribution de fonds en faveur de la route». Cette lecture du vote est abusive. Ce que la majorité du peuple a refusé, c’est de détourner vers la route 1,5 milliard dont la Confédération a aussi besoin pour financer d’autres tâches, comme la formation et la recherche. Durant la campagne, il a cependant été admis qu’elle pouvait apporter une contribution plus généreuse que prévu au Forta, comme elle l’a fait pour le fonds ferroviaire. Cela au nom de l’égalité de traitement entre la route et le rail.

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Après avoir frisé le code en commission, où le fonds routier avait été rejeté à la fois par l’UDC et la gauche, le Conseil national a remis les pieds sur terre. En acceptant de relever le prix de l’essence de 4 centimes, de verser 700 millions de recettes fédérales dans le Forta et de ne pas faire de celui-ci un simple programme de bétonnage, il jette définitivement «Vache à lait» aux oubliettes.

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