La biodiversité varie considérablement d'une région à l'autre. Les milieux les plus riches sont les forêts tropicales humides, qui hébergent 60 à 75% des espèces alors qu'elles ne représentent que 7% des terres émergées et 2% de la surface du globe. Des chercheurs ont dénombré en 1980 au Panama quelque 1200 espèces de coléoptères sur... tout juste 19 arbres. A l'inverse, les forêts boréales abritent une faible variété d'arbres et d'animaux et les grandes prairies ne font pas beaucoup mieux, malgré la présence spectaculaire de grands mammifères.

Le poids de l'histoire et du climat

Il y a trois raisons à pareilles différences. La première est le climat. La chaleur fournit de l'énergie aux organismes et facilite les réactions métaboliques. A l'inverse, des saisons marquées contraignent les espèces à s'adapter à des conditions différentes, ce qui pose à nombre d'entre elles des problèmes insurmontables. La deuxième est l'histoire. Dans une partie du monde, les glaciations ont obligé moult espèces à abandonner leur milieu puis à le reconquérir. Certaines y sont parvenues, d'autres pas. A proximité de l'équateur, en revanche, le problème ne s'est pas posé et la vie, placée dans un milieu stable, a eu tout loisir de s'épanouir et de diverger. La troisième raison est la géographie, ou plus précisément la configuration des continents. Le Sahara réduit les possibilités de migration animale entre l'Europe et l'Afrique, alors qu'aucun obstacle de cette taille ne s'étend entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud.

D'eaux douces et d'eaux salées

Il reste les milieux aquatiques. Les systèmes marins les plus riches sont les milieux côtiers, notamment les récifs de coraux, que les biologistes considèrent comme les pendants océaniques des forêts humides en matière de biodiversité. Mais les cours d'eau et les lacs, qui se caractérisent par leur hétérogénéité, fourmillent également d'espèces. Alors qu'ils ne contiennent que 0,01% de l'eau présente sur notre planète, ils abritent 40% de ses poissons. La zone pélagique, soit la pleine mer, vient loin derrière. Mais elle demeure mal connue.

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