Hexagone Express

En France, des «corps intermédiaires» en version «pare-chocs»

OPINION. Les «corps intermédiaires» français incarnaient jusque-là le «vieux monde». En parallèle, le président du Sénat Gérard Larcher et le premier ministre Edouard Philippe ont acté leur grand retour ce mercredi 4 septembre. Autour de deux interlocuteurs privilégiés de l’exécutif: les maires et la CFDT

Raconter la France impose de réactualiser en permanence son lexique hexagonal. Exemple mardi avec le lancement du «Grenelle» sur les violences conjugales, référence elliptique aux fameuses négociations sociales de Mai 1968, en pleine révolte étudiante parisienne. Exemple aussi, ce mercredi 4 septembre, avec les conférences de presse quasi simultanées de deux personnages clés de l’Etat: le président du Sénat Gérard Larcher et le premier ministre Edouard Philippe.

Le premier, véritable «raminagrobis» des institutions dont l’influence centriste n’en finit pas de prospérer sur les ruines de son parti droitier Les Républicains, a passé près de deux heures à saluer le retour au premier plan des maires, dont le pouvoir exécutif redécouvre aujourd’hui les vertus politiques. Le second, en charge de l’agenda compliqué des réformes, a annoncé à l’issue d’un séminaire gouvernemental la tenue d’une nouvelle consultation «citoyenne» sur les retraites, avant de fixer l’agenda législatif. Tous deux ont utilisé le même terme pour désigner maires et partenaires sociaux: les «corps intermédiaires». Une formule qu’Emmanuel Macron avait, dans le passé, plutôt moquée: «Plusieurs d’entre vous ont parlé des corps intermédiaires, c’est devenu très à la mode», s’amusait-il en février.