Suite aux attaques meurtrières commises à Paris le 13 novembre dernier par des terroristes affiliés à l’État islamique, et qui ont coûté la vie à 129 personnes, le président François Hollande a tenu lundi un discours musclé que beaucoup de commentateurs ont comparé à celui de George W. Bush après les attentats du 11-Septembre. Peut-on vraiment faire la guerre contre le terrorisme? Et pour quels effets? Au-delà de la rhétorique belliqueuse, deux intellectuels se demandent si l’emploi de ce terme de guerre est judicieux, et ce qu’il implique exactement. Leurs observations et leurs conclusions divergent en tous points. À lire ici:

Dominique Moïsi: «Défendre nos valeurs coûte que coûte»

Depuis les attaques terroristes de janvier contre le magazine satyrique «Charlie Hebdo» et contre un supermarché casher, les Parisiens savaient que la barbarie guettait au coin de la rue et qu’elle frapperait à nouveau. Mais c’est une chose de savoir, et de s’attendre au pire, c’en est une autre d’y être confronté dans la sombre réalité. Vendredi 13 novembre, la réalité nous a frappés de toute sa force. Nous sommes en guerre. Nous aurions tort de ne pas l’admettre – ce serait même dangereux. Et pour gagner, la clarté, l’unité, la fermeté sont indispensables.

La clarté dans l’analyse est aujourd’hui ce dont nous avons le plus besoin. Nous connaissons à peine notre ennemi, hormis l’intensité de sa haine et la profondeur de sa cruauté. Pour comprendre sa stratégie, nous devons le reconnaître pour ce qu’il est: un adversaire intelligent et – à sa manière – rationnel. Depuis trop longtemps nous le méprisons et le sous-estimons. Il est urgent que nous changions de cap.

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Pierre Haski: «Prochaine étape, l’ennemi intérieur»

Sommes-nous réellement en guerre? François Hollande, dans son discours au Congrès, a employé le mot une bonne dizaine de fois, repris par une partie de la classe politique et des experts. Mais est-ce vraiment le bon mot?

Sans chercher ni à minimiser les attaques monstrueuses de vendredi 13 novembre à Paris, ou les menaces toujours présentes, comme en témoigne l’explosion d’une femme kamikaze mercredi à Saint-Denis, ni, surtout, à exonérer leurs auteurs, on peut raisonnablement émettre des doutes sur l’usage de ce mot lourd de sens.

Pour plusieurs raisons…

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