Valeurs actuelles est, en France, un hebdomadaire de droite radicale qui aime mettre sa plume conservatrice, voire réactionnaire, dans les plaies économiques, sociales et culturelles françaises. Soit. Le fait que ce journal possédé par le richissime magnat franco-libanais Iskandar Safa – souvent cité à propos d’affaires politico-financières transitant par la Suisse – aime pourfendre le «politiquement correct» et le «communautarisme» peut aussi apparaître alléchant dans un paysage médiatique hexagonal présumé plutôt à gauche. Soit.

Loin de nous, donc, l’idée de diaboliser par principe Valeurs dont les thèses épousent souvent – rien de surprenant – celles d’un Eric Zemmour ou des émissions de CNews, la chaîne d’information française possédée par le groupe Bolloré qui s’emploie à surfer sur le créneau identitaire et populiste de l’américaine Fox News. Le débat démocratique, dans cette République si peu consensuelle qu’est la France, est logiquement houleux, douloureux, venimeux. Il suffit de relire les pamphlets qui accompagnèrent la Troisième République – dont Emmanuel Macron célébrera ce vendredi dans un discours au Panthéon le 150e anniversaire de la proclamation le 4 septembre 1870 par Léon Gambetta – pour se convaincre de cette propension nationale à la violence verbale et médiatique. Dont acte.