Incidences

La France, l’Allemagne et la dissuasion nucléaire

OPINION. La politique étrangère du président Macron est parfois jugée disruptive, mais il importe d’accepter le dialogue qu’il propose aux Européens, et notamment aux Allemands, sur le rôle de la stratégie nucléaire française, selon notre chroniqueur François Nordmann. A lire avant la Conférence de Munich sur la sécurité, à la fin de cette semaine

Le président Macron viendra défendre ses thèses sur la sécurité de l’Europe à la Conférence de Munich le 14 février prochain, à laquelle il participera pour la première fois depuis son élection. La conférence a pour thème cette année l’avenir incertain de l’Occident. Monsieur Macron viendra défendre sa vision d’une Europe souveraine telle qu’il l’a exposée le 7 février dernier. Il y traitait de l’ordre mondial, du multilatéralisme au service de la paix, de la maîtrise des armements et de la stratégie nucléaire.

Le choix du lieu n’est pas le fruit du hasard: plusieurs hauts responsables allemands jugent disruptive la politique étrangère de la France. Le président Macron a parfois pris le contre-pied de politiques portées par l’Allemagne. Il n’a guère soutenu le pipeline Nord Stream 2, il a tardé à donner son accord à des négociations commerciales avec les Etats-Unis, si importantes pour l’exportation d’automobiles allemandes, il s’est opposé au candidat officiel de l’Allemagne au poste de président de la Commission européenne, il a mis son veto à l’accord de libre-échange avec le Mercosur, il a bloqué les négociations d’adhésion à l’UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie tandis que l’Allemagne plaidait au contraire pour arrimer ces deux pays à l’UE. Ses ouvertures envers la Russie, sans concertation, ont froissé l’Allemagne.