La France intervient pour sauver Idriss Déby au Tchad, elle vend des armes à l’Arabie saoudite engagée au Yémen, son président rend visite au maréchal-président égyptien Sissi… «Vérité en deçà de la Méditerranée, erreur au-delà.» Avec un tel palmarès, difficile de se présenter sur la scène européenne comme un rempart contre l’autoritarisme. Les échanges peu amènes avec le gouvernement italien en ont donné un avant-goût. Luigi Di Maio est une personnalité provocatrice et transgressive – c’est malheureusement dans l’air du temps – mais sa déclaration du 20 janvier, selon laquelle «l’UE devrait sanctionner la France et tous les pays qui comme la France appauvrissent l’Afrique», a touché là où le bât blesse: le rôle ambigu de la France. Et Luigi Di Maio a sans doute dit tout haut ce que beaucoup de chancelleries pensent tout bas. Cette politique étrangère nuit autant aux Africains qu’aux Français et… à l’intégration européenne!