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Trois semaines après le début de la grève «perlée» à la SNCF, le front syndical mené par la Confédération générale du travail (CGT) n’a réussi ni à mobiliser les Français, ni à bloquer la transformation envisagée de l’entreprise publique.
© EMMANUEL FOUDROT / Reuters

Editorial

En France, le miroir trompeur des réformes

EDITORIAL. Le blocage du rail promis par la CGT n’a pas encore eu lieu. Les universités occupées sont évacuées une par une. La négociation se réinstalle à Notre-Dame-des-Landes. Mais gare: beaucoup de Français subissent les réformes plus qu’ils ne les acceptent

Il fallait bien une date butoir. Un repère, pour juger du degré de résistance aux réformes mises en œuvre en France par Emmanuel Macron. L’échec de la seconde journée nationale de manifestation contre les projets du gouvernement, jeudi 19 avril, montre que nous y sommes. Trois semaines après le début de la grève «perlée» à la SNCF, le front syndical mené par la Confédération générale du travail (CGT) n’a réussi ni à mobiliser les Français, ni à bloquer la transformation envisagée de l’entreprise publique. Le projet de loi permettant de légiférer par ordonnances (en accéléré) a, lui, été adopté en première lecture par 454 députés contre 80. Le président français, solide lors de son dernier débat télévisé, semble en passe de réussir son passage en force.

Le paysage social hexagonal, en parallèle, s’est éclairci cette fin de semaine. Les activistes qui luttaient contre les forces de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes ont finalement accepté de déposer les projets agricoles demandés par les autorités pour statuer, ou non, sur leur expulsion. Le site universitaire de Tolbiac à Paris, occupé par des collectifs étudiants depuis près d’un mois, a été évacué par la police sans dommages majeurs. Là encore, l’avantage semble donc être du côté de l’exécutif. Un an après le premier tour de l’élection présidentielle qui a vu le 23 avril 2017 Emmanuel Macron finir en tête des suffrages devant Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, l’opposition à son quinquennat demeure trop éclatée pour entraver la marche élyséenne.

Gare, toutefois, à prendre pour une approbation personnelle cette campagne réformatrice pour l’heure victorieuse. La manière dont Emmanuel Macron a été de nouveau apostrophé et chahuté mercredi dans les Vosges montre que l’opinion demeure perplexe, et que ses adversaires sont incandescents. Beaucoup de Français, en fait, subissent les réformes plus qu’ils n’y adhèrent. Conscients que leur modèle social est sclérosé, ils jugent les changements indispensables mais s’interrogent sur la méthode et les critères choisis par ce président dont les orientations penchent de plus en plus à droite. L’idée des «deux France», ce faisant, continue de s’enraciner.

L’avancement des réformes est un miroir aussi séduisant et trompeur que l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le 7 mai 2017. Ce jour-là, les 66% de Français à avoir voté pour lui n’ont pas signé un chèque en blanc pour son programme. A leur manière et même si leurs colères sont souvent excessives et catégorielles, les syndicalistes, les étudiants et les «zadistes» sont la bruyante illustration de cette ambiguïté électorale originelle.

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