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La campagne présidentielle française passe aussi par Las Vegas
© afp photo

Revue de presse

François Fillon ou de l’importance d’être un geek pour concourir à la présidentielle

François Fillon était à Las Vegas, au Consumer Electronics Show. Pour y manifester un de ses points forts: sa technophilie. Qui ne date pas d'aujourd'hui, mais d'avant hier. Il fréquente le CES depuis 1999...

A force de l’entendre revendiquer ses convictions catholiques, à force de le voir s’approprier l’héritage gaulliste, on avait presque oublié que le candidat à la présidentielle française François Fillon était aussi homme tourné vers l’avenir, les nouvelles technologies, la disruption numérique. On croyait le terrain occupé principalement par Emmanuel Macron: on se trompait.

Les nouvelles technologies sont incontournables

Car pour quiconque veut endosser aujourd’hui l’habit des plus hautes responsabilités, la réalité des nouvelles technologies est un paramètre tout simplement incontournable. C’est grâce aux nouvelles technologies que se réaliseront les gains de productivité. C’est grâce – ou à cause – des nouvelles technologies que notre quotidien ne sera plus jamais le même. C’est via les nouvelles technologies que s’expriment désormais, pour le meilleur, comme pour le pire, l’essence et la métamorphose de l’humanité.

Un sujet de rivalité Fillon-Macron

Du coup voici le candidat Fillon déambulant au beau milieu du CES (le Consumer Electronics Show de Las Vegas), venu humer l’air du futur, venu chausser les lunettes de la réalité virtuelle, venu gratter un peu sur le terrain privilégié d’Emmanuel Macron. «Le duel des geeks», titre BFMTV. Qui ajoute aussitôt: «Pour la première fois en France, le numérique devient un enjeu de la campagne présidentielle. C’est en tout cas un sujet de rivalité entre François Fillon et Emmanuel Macron qui tentent tous deux de décrocher le titre de champion des nouvelles technologies.»

Comparaison des deux candidats

Aussi tire-t-on un comparatif rapide des atouts de l’un et l’autre des candidats en la matière. On rappelle que Las Vegas, c’était jusqu’en 2016, le terrain de jeu favori d’Emmanuel Macron qui s’y était fait ovationner, c’était un 7 janvier de l’année dernière. «La raison de cet engouement? Son passé de ministre en charge des questions numériques plaide pour lui, avec des discours répétés inlassablement en faveur du potentiel de l’économique numérique et de l’innovation. Mais aussi des actes: sa loi Macron était destinée à favoriser la liberté d’entreprendre, il a soutenu l’expérimentation des voitures autonomes et des drones et lancé de multiples French Tech Hub dans plusieurs grandes villes étrangères.»

Pour Fillon, une vieille passion

Conclusion de BFMTV: «Il reste donc du chemin à faire à François Fillon avant de pouvoir électriser à ce point les foules». Mais François Fillon «possède d’autres sérieux atouts. Il a pour caractéristique d’être le candidat à la présidentielle le plus fin connaisseur en matière de produits high-tech […] Une passion qui ne date pas d’hier. Son premier ordinateur était un Toshiba T3200, un PC portable haut de gamme sous MS-DOS acquis en 1987. Il a aussi été ministre des Télécoms de mai 1995 à juin 1997 et connaît très bien ce secteur. Ses premiers pas sur Internet, il les a faits avec Compuserve en 1993. Bien avant la plupart des Français donc. Dans son livre Faire, paru en 2015, il relate comment il a initié Alain Juppé à l’informatique, alors qu’il était membre de son gouvernement. Aujourd’hui, il est devenu hyperconnecté et a gardé le goût de la technologie. Bref, l’homme politique est un vrai geek et n’hésite pas à tirer profit de cette image, comme dans l’émission Ambition intime où il s’est empressé de piloter son drone Parrot devant Karine Lemarchand.»

Pareille évocation, on doit l’avouer, nous fait un peu rêver, nous autres Suisses, quand on constate avec quel embarras la classe politique helvétique embrasse les nouvelles technologies.

Mais revenons à Las Vegas et à son CES. La chaîne de télévision LCI constate, elle aussi que sous ses dehors plutôt tradi, le candidat Fillon est un technophile revendiqué: «Sur son site officiel, François Fillon consacre d’ailleurs – même s’il n’est pas le seul – un volet au numérique. + Cessons d’être à la traîne des géants américains et asiatiques et créons nos leaders européens! + exhorte-t-il avant de décliner ses propositions en la matière. Permettre au plus grand nombre de Français d’avoir accès au très haut débit, généraliser l’enseignement numérique ou encore renforcer la cybersécurité sont des idées qui figurent dans son projet.».

Les geeks constatent

La meilleure preuve que le candidat fait ainsi mouche, c’est d’aller traîner ses baskets du côté des geeks eux-mêmes. Ainsi sur le site appelophile, Mac4ever, Fillon à Las Vegas, c’est l’image du soir. Celle d’un candidat «qui prend son bain de foule à Las Vegas lors du #CES» Le site poursuit: «Le candidat à la présidentielle – que l’on a découvert «fan de drone» dans Confessions Ambition Intime — a suscité un impressionnant attroupement devant le stand Withings, aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il devrait croiser d’autres personnalités dans les allées – comme Michel Sapin ou Axelle Lemaire, voire encore Carlos Ghosn- mais surtout bon nombre d’entreprises françaises. En effet, la France représente la 3e présence mondiale au CES avec 275 entreprises et structures exposantes, après les Etats-Unis (avec 1713 entreprises) et la Chine (1307 entreprises).»

Non, Macron n’a pas le monopole

Pour FranceInfo, pas de doute enfin, cette visite du candidat Fillon, c’est «comme un sms pour Emmanuel Macron». «Pour François Fillon, à Las Vegas, il s’agit d’abord de montrer qu’Emmanuel Macron, candidat à l’Elysée hors primaire de la gauche, n’a pas le monopole des nouvelles technologies, lui qui venait au salon en tant que ministre de l’Economie. L’ancien Premier ministre aime raconter une anecdote pour montrer son attirance pour le monde connecté. L’un de ses fils, dit-il, avait expliqué à son instituteur que son père était réparateur d’ordinateurs alors qu’il était à Matignon. Plus sérieusement, un membre de son équipe de campagne rappelle qu’il a créé le secrétariat d’Etat à l’Economie numérique, poste occupé notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet qui l’accompagne, et que le secteur est fortement créateur d’emplois. C’est une priorité pour un réformateur qui veut relancer l’économie.»

Fillon étonne les Américains présents au CES

Un réformateur, nous conte Les Echos, qui a même fini par intriguer les Américains: car tandis que «le ministre de l’Economie Michel Sapin a arpenté les allées du CES de Las Vegas dans un quasi-anonymat ce jeudi… À l’inverse François Fillon a été poursuivi par une vingtaine de caméras tout au long de la journée, suscitant un certain étonnement parmi les Américains et autres nationalités présentes sur le salon. «Mais c’est qui?», demandaient-ils sur son passage.» Et les Echos d’ajouter ce tacle de Fillon à l’endroit du pied tendre Emmanuel Macron: «Moi, la première fois que je suis allé au CES, c’était en 1999. Je ne suis pas au CES pour sacrifier à une mode. Il y a les nouveaux convertis mais moi, je suis un pratiquant de longue date».

Bref comme le prédisaient, le 22 décembre, Les Inrocks, François Fillon était bien décidé «de ne pas se laisser distancer» par Emmanuel Macron, «afin de ne pas laisser à son ambitieux adversaire l’image de la modernité technologique.»

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