Le conseiller d’Etat François Marthaler serait ainsi à classer parmi «ceux qui ne font rien»! C’est un géographe, docteur à l’EPFL qui, après s’être mis à dos deux conseillers d’Etat jurassiens, et souhaitant maintenant faire de même avec un Vaudois, l’écrivait il y a une semaine dans une chronique intitulée: «Le bug vaudois et l’homme qui ne faisait rien» (LT du 31.10.2011).

Au fil d’une analyse quelque peu tortueuse ponctuée d’affirmations tonitruantes et péremptoires, l’auteur, Pierre Dessemontet fait aussi – et surtout – l’étalage d’un manque d’information flagrant.

Il nous semble dès lors souhaitable de remédier à ses lacunes et de rappeler, en quelques points et de façon factuelle, l’action du ministre vert au cours des huit dernières années passées à la tête du Département des infrastructures du Canton de Vaud.

C’est dans le domaine des transports publics que les progrès les plus évidents ont été accomplis. Développement de l’offre du RER (trains régionaux), tant du point de vue des cadences, du réseau que du matériel roulant. Développement qui se poursuivra l’année prochaine, entre autres avec la mise en service de la gare de Malley (juin 2012) et des nouveaux trains RE à 2 étages qui circuleront à une cadence de 30 minutes dès décembre 2012.

Il est sans doute inutile de préciser que tout ce qui touche aux infrastructures ne se réalise pas par quelques effets d’annonce (dont certains sont friands); et qu’œuvrer dans la discrétion ne signifie pas être moins efficace pour faire avancer des dossiers et, bien plus, pour les amener à maturité!

Il en va ainsi du programme Léman 2030, pesant plusieurs milliards et comprenant, entre autres, des tronçons à 3 et à 4 (!) voies! D’ailleurs, non content de donner le feu vert à ce vaste projet, le Conseil fédéral prévoit d’attribuer de manière anticipée 1,3 milliard de francs pour le nœud ferroviaire de Lausanne. Et la conseillère fédérale Doris Leuthard de souligner la priorité désormais accordée aux projets ferroviaires romands, dont beaucoup sont vaudois.

On pourrait ajouter les chemins de fer privés dotés de 40 millions de francs par an ou encore l’important développement des transports publics engagés dans les agglomérations et centres urbains.

Du côté de la route, le «rien» se résume à avoir quadruplé (!) les investissements pour l’entretien du réseau par rapport à 2003. Ou d’avoir proposé, autre exemple, d’utiliser, sans attendre un grand contournement de Morges en… 2035, la bande d’arrêt d’urgence Morges-Ecublens, mesure simple, relativement peu onéreuse, et qui fonctionne: les bouchons y sont devenus rares, il y a 3 fois moins d’accidents et la pollution (mesurée) a diminué d’un quart.

On pourrait encore rappeler que les infrastructures de transport se taillent la part du lion (325 millions) dans la réaffectation des 500 millions provisionnés pour la péréquation fédérale ou que, depuis que les comptes cantonaux sont équilibrés, les investissements dans le domaine des transports ont toujours passé la rampe du collège gouvernemental.

Enfin, nonobstant les récentes défaillances de l’application Votelec, c’est encore «celui qui ne fait rien» qui a mis en place la Direction des systèmes informatiques et réintégré, avec succès, l’exploitation de l’informatique cantonale jusque-là assurée hors du canton par Bedag. Cette réintégration génère bon an mal an une économie de plus de 5 millions, tandis que les investissements dans ce domaine ont plus que doublé en sept ans.

On le voit, si les faits sont têtus, «rien» est une notion relative, à géométrie variable. En tous les cas, si tout cela n’est «rien», trouver un terme adéquat pour qualifier – ou quantifier – l’action d’autres élus pourrait s’avérer chose délicate.

Quant à nous, Verts vaudois, nous constatons simplement que la présence d’un écologiste au gouvernement fait sens et permet de faire avancer des projets s’inscrivant dans le développement durable.

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