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Francophonie, l’heure des comptes

Dans moins d’un mois, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) aura un nouveau secrétaire général. A peine investi, celui-ci aura du pain sur la planche pour réaliser de nombreuses promesses électorales

Francophonie, l’heure des comptes

Dans moins d’un mois, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) aura un nouveau secrétaire général. A peine investi, celui-ci aura du pain sur la planche pour réaliser de nombreuses promesses électorales. Etant donné que le budget de l’OIF est modeste, que certains Etats ne paient pas à temps leur quote-part et que les contributions volontaires au Fonds multilatéral unique (FMU) ne cessent de baisser d’année en année.

Qu’arrivera-t-il alors si les Etats et gouvernements membres jetaient leur dévolu sur un candidat qui ne recueille pas l’assentiment de grands bailleurs de fonds de l’OIF? Voilà une question qui mérite de retenir l’attention des décideurs.

Quand on se rappelle bien qu’en avril 2014, le Canada venait de suspendre sa contribution volontaire annuelle de 10 millions de dollars au Commonwealth, en protestation contre les violations des droits de la personne au Sri Lanka, un pays qui assure le secrétariat de cette organisation, il y a de quoi s’inquiéter. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’après 30 novembre 2014 risque de nous réserver des surprises.

Manœuvres en coulisses

Pour rassurer, le prestigieux magazine La Lettre du continent, proche du milieu politique et économique franco-africain AFRICA Intelligence, a révélé dans son numéro 692 du 22 octobre 2014: «Pour obtenir le soutien plus franc de Paris envers Michaëlle Jean, le premier ministre canadien, Stephen Harper, pourrait s’engager à augmenter la quote-part de son pays au Fonds multilatéral unique (FMU), le budget de l’OIF, en baisse depuis 2009, notamment en raison des restrictions budgétaires de la France qui empêchent de maintenir son niveau habituel de participation.»

En effet, bien que la France n’ait pas officiellement de préférence pour un candidat, il y a lieu de croire que le sujet sera au menu des prochaines discussions que François Hollande aura avec le premier ministre du Canada.

Le Nord versus le Sud

Dimanche 26 octobre, la secrétaire d’Etat française au Développement et à la francophonie, Annick Girardin, était l’invitée de grands médias français. A propos du choix de Paris pour succéder à Abdou Diouf à l’OIF, elle a ouvert une brèche: «Jusque-là, on avait un représentant de pays du Sud à l’OIF, c’est quelque chose qui peut changer, mais il faut en discuter.» On peut donc déduire que rien n’est coulé dans le béton, n’en déplaise à ceux qui pensent que le poste doit absolument revenir à un Africain.

En choisissant le thème du XVe sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement voulaient faire honneur aux femmes et aux jeunes pour leur contribution à la paix et au développement. Tous les candidats dans la course pour la succession à l’OIF ont de riches expériences qui peuvent servir au bon fonctionnement de la francophonie. Mais tout compte fait, la parité homme-femme devrait faire partie des critères de sélection pour être cohérent avec le thème du sommet.

D’ailleurs, peu importent les programmes d’action des candidats, une chose est vraie: ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui déterminent la feuille de route que le secrétaire général devra respecter.

Politologue, analyste des politiques publiques. Il a été conseiller à la direction Afrique centrale et occidentale au Ministère des affaires étrangères et du commerce international du Canada

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