Les élections au Conseil d’Etat fribourgeois devraient être passionnantes. Les enjeux ne manquent pas. En particulier autour du PDC – rebaptisé Le Centre pour lui donner un vernis de modernité – qui pourrait se voir ravir son troisième siège après ceux perdus dans ses autres fiefs historiques du Valais et du Jura. Sans oublier la question du retour de l’UDC au gouvernement ou celui des Vert·e·s. Avec le départ de trois ministres, les jeux sont ouverts.

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Pourtant, la double crème ne prend pas. A quelques jours du dimanche 7 novembre, l’élection anime nettement moins les discussions que l’excellent début de championnat de Gottéron. Les débats se déroulent à fleurets mouchetés. Sans passion. Le landerneau politique attend que la campagne s’enflamme lors du second tour, comme d’autres attendaient Godot. A voir. Car le scrutin manque cruellement de personnalités fortes. Aucune figure transcendant les frontières cantonales. Pas l’ombre d’une bête politique capable d’électriser le vote. En Gruyère, c’est l’élection du préfet qui attire tous les regards.

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La fonction attire moins

C’est comme si cette fonction de conseiller d’Etat, autrefois firmament d’une carrière politique en terre fribourgeoise, avait perdu de son lustre. Assis sur une envieuse fortune cantonale de plus de 700 millions de francs, le gouvernement gère les affaires, plutôt bien d’ailleurs, mais sans panache, sans autre grande vision que celle d’imposer enfin Fribourg sur l’axe entre Berne et l’Arc lémanique.

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Un homme aurait pu symboliser le retour du politique au gouvernement: Christian Levrat. Enfant de la Gruyère devenu le puissant patron du Parti socialiste suisse, il avait très tôt fait part de son intérêt. Certains espéraient que, tel un Pierre-Yves Maillard dans le canton de Vaud, Christian Levrat prenne à bras-le-corps le si difficile Département de la santé. D’autres qu’il redonne un souffle d’ambition à Fribourg. Mais l’ancien syndicaliste a préféré la présidence de La Poste, tournant le dos à son canton, qui, tel l’amoureux éconduit, semble aujourd’hui se désintéresser de l’ensemble de cette élection.

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