Question posée à deux journalistes politiques romands: qui sont les sept conseillers d’Etat fribourgeois? Silence. Aucun nom ne leur vient à l’esprit. A quelques jours des élections cantonales, alors que la campagne bat encore son plein, ce petit exercice est un peu cruel. De nombreux Fribourgeois occupent des positions enviables dans les instances nationales et ont l’habitude d’être sous le feu des projecteurs. Mais le gouvernement de leur canton reste dans la pénombre.

Les affaires courantes sont bien gérées au vu de la bonne santé financière du canton. Peu de controverses ont alimenté la chronique au-delà des frontières cantonales, et c’est tant mieux. Mais ce calme n’a rien de glorieux, car cette législature a aussi manqué cruellement d’audace et de dynamisme. Elle ne marquera pas l’histoire.

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Certes, il y a eu l’inauguration du pont de la Poya. Un week-end festif avec couper de ruban pour égayer cinq années de misère sur le plan des investissements. Même Bluefactory, le grand site industriel hérité de la Brasserie Cardinal et sur lequel devrait se déployer à terme un parc technologique, ne parvient pas à faire rêver la population.

Cela va-t-il changer avec un Conseil d’Etat renouvelé? Canton bilingue et universitaire, situé dans l’axe Genève-Zurich, Fribourg a de nombreux atouts et une fortune d’un milliard pour se faire beau et s’illustrer autrement que par son record de croissance démographique grâce à ses logements en PPE abordables.

Malheureusement, ces dernières semaines d’intenses activités politiques n’ont pas permis d’avoir une image claire de ce que sera le Fribourg de demain. Les candidats ont été happés par une seule et même préoccupation: l’économie. C’est évidemment louable, passionnant même. Sauf qu’en l’occurrence, la thématique a été abordée au ras des pâquerettes: appliquer une politique foncière active pour créer des emplois. Si possible à haute valeur ajoutée. A croire que la nouvelle entente de droite a trouvé dans ce thème son plus petit dénominateur commun.

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Créer des emplois. Voilà bien un sujet sur lequel tout le monde est d’accord. Les débats ont dès lors très vite pris des allures de concours de miss, lorsque l’animateur demande à une jeune fille quel serait son vœu le plus cher, et qu’elle répond «la paix dans le monde». Tout un programme.

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