Plusieurs cantons, dont Genève, veulent doter leurs forces de police de fusils d’assaut. L’évolution de la menace et la montée du risque terroriste l’exigent, écrit le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet dans une tribune rédigée pour Le Temps.

«Je considère comme nécessaire d’équiper les policiers de fusils d’assaut et de matériels de protection modernes. En décembre 2016, le gouvernement genevois a rappelé que «le territoire abrite de nombreuses organisations internationales ainsi que des institutions impliquées, directement ou indirectement, dans des conflits internationaux, ce qui pourrait faire de la population une cible collatérale d’attentats qui viseraient ces intérêts».

Face à une menace aveugle, qui reste «réelle et profonde», le responsable genevois de la sécurité estime indispensable que les policiers soient aptes à répliquer immédiatement avec les moyens qui s’imposent.

Lire son texte ici: «Des fusils d’assaut pour les policiers? Oui, donnons-leur les moyens d’agir!»

Au contraire, pour Amanda Gavilanes, secrétaire du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) dans les cantons romands, l’équipement des policiers avec des fusils d’assaut ne fera que créer une illusion de sécurité mais ne changera rien aux risques.

Elle constate avec regret que les cantons de Berne et d’Argovie ont déjà franchi le pas et que Genève n’est pas en reste. Mais cette décision favorisera «le glissement vers un état de guerre permanent auquel nous assistons impuissants, hébétés, dupés par nos dirigeants qui se gargarisent de mesures d’exception, mais continuent à vendre des armes à des pays en guerre. La Suisse est partie prenante de cette course à l’armement, ne l’oublions pas.»

Lire son texte ici: «Des fusils d’assaut pour les policiers? Non, ce serait créer une illusion de sécurité accrue»

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